Economia annuelle 2016: Mieux gouverner... Limiter les injustices

Economia annuelle 2016: Mieux gouverner... Limiter les injustices

Une société éduquée et équitable, sinon la jungle …

Depuis que deux récentes secousses sont survenues, en 2008 et en 2011, plusieurs écrits et rapports ont été produits pour réinterroger l’économie à partir de prismes que l’on croyait obsolètes, en lien avec l’humain, la culture, le savoir, la justice, l’équité et bien d’autres concepts que le néolibéralisme financier dominant avait fait voler en éclats. Ainsi, nous avons vu, dans le cas du Maroc, tour à tour, la Banque mondiale décrier « le clientélisme » et appeler à une « société ouverte », puis, de l’intérieur même des institutions, Bank Al Maghrib sonner le glas de « la faillite de l’école », puis le Conseil économique, social et environnemental, pointer « l’accès équitable à l’innovation » comme le chaînon manquant dans une économie encore trop dépendante des aléas et de l’extérieur.

À Economia, chemin faisant, nous avons identifié trois garde-fous majeurs : la limitation des inégalités en revenus, en emplois et en opportunités, l’accès par tous à un savoir de qualité et la limitation des effets de la rente. Sur le premier chapitre, les réflexions de Thomas Picketty, et bien d’autres articles sur l’humanisation de l’économie, nous permettent d’identifier des tendances alternatives de la pensée économique, longtemps soupçonnée d’autisme par rapport au réel. Côté école, dont nous avons disséqué les modes de gouvernance, nous réalisons à quel point le déficit est non seulement dans le partage des savoirs, mais également dans la prise en compte des parties prenantes qui en constituent l’écosystème. Enfin, sur le registre de l’économie de rente, nous voyons à quel point le système des privilèges et de patronage prend le dessus sur la concurrence, la justice fiscale et la reddition des comptes. Ce qui complique davantage l’accès juste de la plupart aux fruits de la croissance.

Dans la règle darwinienne qui prime, jusque là, le système produit de la richesse mais n’en a régulé ni l’équité dans l’accès, ni la justesse dans la redistribution. De ce fait, les frustrations abondent. Cela ressemble à une jungle où l’accès aux rentes est souvent plus rémunérateur que l’accès au savoir. Or, il ne pourrait y avoir de gouvernement vertueux des réformes et de l’économie, sans priorisation du savoir et limitation des injustices. 


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