Trois erreurs à ne pas commettre dans la recherche qualitative

Depuis que je batifole gaiement dans le monde de la recherche en sciences de gestion, j’ai pris connaissance d’un certain nombre d’éléments dont je souhaiterais, sans prétention aucune, partager certains avec nos chers lecteurs. Plus précisément, lorsqu’un chercheur habitué aux méthodes quantitatives ambitionne de mener un projet de recherche selon une approche qualitative, certains réflexes inhérents à son passé « numérique » pourraient parfois le trahir. Voici donc trois erreurs à éviter selon moi dans la recherche qualitative en sciences de gestion.

1.      Chercher absolument à créer un échantillon généralisable.

Souvent, dans une étude quanti, un chercheur tente d’élaborer avec grande précaution un échantillon généralisable et représentatif d’une population mère. L’échantillon suit des quotas au niveau de certains critères pour que l’extrapolation des résultats sur la population mère soit la plus fiable possible. A l’inverse, dans une étude quali, le chercheur est souvent limité à un nombre restreint de répondants et doit alors tenter de constituer un échantillon représentant un intérêt particulier ou typique d’un segment d’une population. C’est alors la responsabilité des autres chercheurs ou praticiens de vérifier si les résultats de l’étude quali sont applicables à leur propre cas.

2.      Attendre de finir la collecte de données pour entamer l’analyse des résultats.

Le chercheur quanti ne peut pas démarrer les manipulations statistiques sans avoir à sa disposition la totalité de l’échantillon de l’étude. Par contre, il est vivement recommandé que le chercheur quali se lance dans l’analyse préliminaire des données dès les premiers entretiens ou focus groupes effectués. D’une part, il pourra gagner du temps sur la durée du projet si ce sont d’autres personnes qui conduisent en parallèle les entretiens et d’autre part il pourra refaçonner à sa guise le guide d’entretiens, plus malléable qu’un questionnaire quanti, selon les premiers enseignements tirés du terrain.

3.       Omettre de conduire des réunions post « collecte de données » avec les enquêteurs ayant conduits les entretiens.

Certes, des questionnaires quanti n’ont guère besoin de séance de debriefing avec les enquêteurs sauf si vous souffrez de « réunionite », mais lorsqu’il s’agit d’entretiens quali, certaines informations importantes restent logées exclusivement dans l’esprit de l’enquêteur. Il est donc recommandé de tenir des séances de debriefing le plus tôt possible après les entretiens, puis une deuxième série de réunions pour présenter les conclusions de l’analyse des données pour une évaluation par les enquêteurs.  

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