Semer le progrès au lieu de récolter du vent

Le plus souvent , c’est le déficit patent en matière de formation et d’éducation qu’on évoque au Maroc, oubliant  dans le sillage de cette idée, le fait que l’environnement national, politique, économique, social et même culturel tellement dégradé , où baignent les jeunes marocains ; n’arrive même pas à retenir au pays les rescapés parmi ceux-ci  .

Deux facteurs parmi tant d’autres  en sont les révélateurs :

-Une enquête de l’Agence française de développement a rapporté à la rentrée  de cette année 2017/2018 que 17% des diplômés marocains ayant achevé leurs études au Maroc  quittent leur pays et se lancent à la recherche d’emplois à l’étranger, notamment en France et au Canada.

- Les étudiants marocains à l’étranger  seraient environ 55 000 personnes, dont 35 000 en France. La plupart  une fois  diplômés optent  pour une carrière à l’étranger ; n’entre au pays que celui qui manque d’opportunités ailleurs. 

Certains ne verront en cela que l’hémorragie budgétaire qu’illustre  un tel phénomène. Mais  quelles sont les raisons de cette désaffection ? Bien sûr les facteurs de comparaison entre les conditions de vie et de  travail dans des pays développés et celles prévalant au Maroc ne laissent guère le choix à ces jeunes. Mais il y a plus, partout la mondialisation entraîne une augmentation de la mobilité des individus hautement qualifiés. Le savoir fait de plus en plus partie intégrante de l’économie mondiale. « La fuite » des meilleures compétences  est ainsi un phénomène qui ne touche pas seulement le Maroc, mais également toutes les économies de la planète  à l’exception  peut être des États-Unis.

Est il possible de renverser cette tendance de manière radicale ? Certainement pas .Les politiques  coercitives ne servent pas à grand-chose,  de même il serait encore plus préjudiciable de maintenir l’indifférence à son égard  de la part  des politiques publiques. Une seule issue en fait ; multiplier les liens de ces nouvelles diasporas avec le Maroc en termes de réseautages scientifiques et économiques. En effet , des études réalisées par des équipes de la Banque mondiale sur le cas des pays de l’Amérique latine  avaient relevé dès 2006  que  cette population émigrée particulière était constituée de trois groupes : des scientifiques et du personnel de recherche et développement, des personnes possédant des entreprises startups innovantes et, enfin, des professionnels travaillant pour des multinationales. Selon ces études  des réseaux de « circulation des cerveaux » peuvent être développés afin de créer les conditions permettant aux expatriés de nouer des relations avec leur pays d’origine ; en particulier dans le domaine du transfert du savoir, de la création d’entreprises et la promotion d’IDE à fort potentiel technologique. Mais tout le monde n’a pas les mêmes opportunités ,les édites études ont mis en exergue l’importance de l’existence d’ institutions performantes dans les pays d’origine, lesquels jouent un rôle clé dans la maîtrise du potentiel que recèlent les diasporas. L’exemple de Fundacion Chile leur a servi de modèle de référence. Cette institution privée à but non lucratif a aujourd’hui plus de 40 ans d’activité. Son rôle est d’encourager les innovations et la génération  des réseaux internationaux, offrant des solutions à fort impact pour relever les défis du Chili en matière de développement durable, de développement du capital humain, d'éducation, d'aquaculture, d'entrepreneuriat et d'alimentation. La fondation Chile a des partenariats avec plus de 160 organisations étrangères (entreprises, gouvernements et centres technologiques, entre autres) dans 35 pays du monde .Elle a notamment joué un rôle important dans  la promotion de l'industrie salmonicole dans les années 1980, l'ouverture aux fonds de capital-risque en Amérique latine dans les années 1990 et du mouvement latino américain vers les énergies renouvelables en 2000.Avec une petite diaspora de travailleurs hautement qualifiés, le Chili a assez bien démultiplié ses talents expatriés grâce à la créativité d’ institutions locales telles que Fundacion Chile.

 

 

 

 

 

 

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