Peut-on concilier les paradoxes des politiques économiques ?

Si l’on s’accorde à considérer que les politiques économiques sont l’ensemble des interventions des institutions étatiques dans l’activité économique, quelle coordination peut-on faire lorsqu’on a de mauvaises interventions? Celle-ci relève notamment de la gouvernance de ces politiques, de leur cohérence et leur convergence, elle ne pourrait aboutir donc qu’à des désastres.

On a pu le constater à travers ce dossier d’Economia, la coordination des politiques économiques est une affaire qui concerne les stratégies économiques territoriales, sectorielles, fiscales, budgétaires, financières, monétaires et commerciales du Maroc. Elle s’impose aussi dans les relations et les accords bilatéraux ou multilatéraux qui le lient avec d’autres États. Puis, dans une économie mondiale globalisée et concurrentielle, la coordination est aujourd’hui nécessaire pour le Maroc à travers les organisations internationales pour faciliter les flux commerciaux, assurer leur sécurité, leur intégration aux niveaux production et marché internationaux et donc leur potentiel compétitif.

Ainsi, pour avoir une coordination adéquate, un État a besoin d’une vision économique d’ensemble à laquelle adhèrent avec cohérence ses diverses politiques économiques, une doctrine nationale en quelque sorte pouvant avoir des effets d’entraînement et de motivation sur les acteurs.

Les pertes cumulées du manque de coordination des politiques économiques nationales marocaines sont colossales, on peut commencer par les estimer en s’intéressant à la déperdition des avoirs extérieurs liés à des produits stratégiques comme l’énergie et les carburants, à l’hémorragie de la caisse de compensation en relation avec les minotiers et les céréales…

On peut le démontrer aussi à travers le quotidien : l’État, qui édicte une loi sur les modes de paiements, ne paie pas ou tarde à payer, conformément à cette loi, les entreprises prestataires ou fournisseurs qui travaillent avec lui au point de mettre certaines d’entre elles en faillite !

On peut se demander, à l’instar de nombreuses personnes, pourquoi le dirham garde sa valeur trop élevée par rapport aux monnaies fortes alors que cela induit une envolée constante des importations et une régression continue des exportations.

Ce dossier a remis de nouveau sur la table la question fondamentale de la gouvernance car il n’y a pas de coordination valable sans avancée sérieuse à ce niveau, notamment sur les volets de l’évaluation et de l’audit des politiques économiques marocaines, tout comme celui de la transparence et de l’accountability des acteurs et intervenants.

Ce dossier a indiqué aussi l’indissociable tandem de la politique et de la politique économique car les facteurs de blocage des coordinations des politiques économiques s’expriment et se manifestent souvent sur le terrain politique ou social. Enfin, le clivage économique/non économique n’est pas hermétique. L’exemple de la politique de l’Éducation et de la formation dans un pays et son immense impact sur les performances des politiques économiques est plus que pertinent, il indique que la coordination a toujours besoin d’un horizon, un projet de société auquel les intervenants aspirent. Dans un État qui présente comme atout principal de son attractivité une main-d’oeuvre bas de gamme et bon marché et où les jeunes revendiquent en majorité de faire partie d’une bureaucratie déjà pléthorique et inefficace, la coordination des politiques économiques frôle l’incohérence !

Partager ce contenu

Leave a comment

Filtered HTML

  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <blockquote> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.