L’Amérique et les musulmans : changement d’ère

Le mardi 21 mars 2017. Ce jour-là, ayant pris l’avion pour Chicago via Paris, j’ai appris à mon arrivée que les avions décollant du Maroc, sur la RAM, vers les Etats Unis ne pouvaient plus autoriser les passagers à faire usage en cabine d’ordinateurs portables ni même de tablettes. Deux mois plus tôt, alors que le président nouvellement élu, Donald Trump annonçait unilatéralement le « muslim ban », décret discriminatoire envers six pays du Moyen Orient.

Digressions sur la communication électorale

Ecrire, la veille du scrutin, sur des élections ne sert à rien. Les choix sont faits. Les têtes sont saturées. Les chemins sont pavés de feuilles volantes. Le ras-le-bol de tous ceux qui désespèrent est à son apogée.  Et puis, ce n’est ni le temps des bilans ni même celui des pronostics. Personne n’a assez de données ni même de prévisions étayées pour s’y aventurer. Et pourtant, en suivant quelques tendances médiatiques, je me suis dit que cela valait le coup de les mettre côte à côte.

ALERTE sur les alertes

Les sites d’information numériques abusent des alertes. Il arrive qu’une information anodine soit précédée par cette mention « alerte », comme pour s’assurer que dans son survol furtif des titres, le lecteur-usager va prendre le temps de cliquer. C’est cela qui compte, les clics, qui font augmenter les statistiques des producteurs, la preuve par le nombre qu’ils sont éligibles au marché.

Terrorisme : le pharmakon marocain

Le pharmakon est un terme grec qui désigne en même temps le poison et le remède, la parole ou l’acte qui panse et l’arme de masse qui détruit. Chaque philosophe a donné un certain sens à l’ambivalence du mot. Socrate l’assimilait à l’écriture qui vient combler les lacunes de la mémoire orale, la fixer et l’affaiblir du même tenant. Pour Platon, c’est un ersatz autonome qui guérit le vivant de l’extérieur mais réduit sa capacité auto-immune à se connaître de l’intérieur. 

Dépassons le smig démocratique

Le lendemain de l’élection à main levée des présidents des douze régions issues du nouveau découpage territorial du Maroc, je suis monté dans un taxi. Le chauffeur, excédé, me fit part tout de suite de sa désillusion : « Mais à quoi sert le vote ? A quoi servent ces élections ? ». Derrière cette colère spontanée, le sentiment que, par leurs alliances, tractations, tactiques et calculs à géométrie variable, les élites partisanes ne représentent plus que leurs intérêts, non la volonté du simple électeur.

Qui manipule qui ?

Qu’est-ce que la manipulation ? De ce mot polysémique, retenons pour le cas des médias, l’une des définitions proposées par le dictionnaire Larousse et qui en spécifie l’impact sur l’opinion publique : « Le fait d’orienter l’action de quelqu’un ou d’un groupe dans le sens qu’on désire et sans qu’il s’en rende compte ».

Des notions intraduisibles en France ?

Après la fièvre de vengeance des ultras, bienvenue aux malentendus interculturels des élites. Après l’affaire Charlie, les mots n’ont soudain plus le même sens pour tout le monde. L’expression, «stigmatisation des musulmans » de l’islamologue Tariq Ramadan, mais aussi celle de « l’apartheid social », du premier ministre Manuel Valls, quoique énoncés à partir de postures et d’intentions différentes, méritent particulièrement qu’on s’y arrête un instant.

Le retour de la géopolitique

Il est révolu le temps, naïf, post-1989, où il était permis de croire, dans le sillage de néo-prophètes du libéralisme, que le marché régulerait le monde, que la mondialisation finirait par niveler les inégalités ou encore (rêve non exaucé) que le commerce serait meilleur régulateur que la violence et la guerre. Il est tout aussi révolu le temps de la guerre unilatérale, chirurgicale, américaine, envahissante, qui intervenait, dans les interstices de la pacification commerciale, pour s’assurer que ses intérêts étaient intacts, au Moyen Orient, où ses visées intouchables, en Afrique.

La religion des faits, bon Dieu !

L’une des plus belles pièces écrite, à la fin du XIX° siècle, par le dramaturge norvégien, Henrik Ibsen, Un ennemi du peuple, raconte comment Dr Stockman, médecin des thermes, révèle dans un rapport, analyses de laboratoire à l’appui, que les eaux d’un établissement de cure sont contaminées et nécessitent une fermeture des lieux, pour préserver la santé des riverains.

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