Emploi des jeunes : La solution est au Sud

Selon le rapport "Tendances mondiales de l'emploi des jeunes" de l'Organisation internationale du travail (OIT) publié fin juin 2013, aucune amélioration du marché du travail des jeunes n'est à attendre à moyen terme. "En 2018, le taux de chômage des jeunes à l’échelle mondiale, devrait s'élever à 12,8 % (contre 12,6 % actuellement), avec des disparités régionales croissantes", estiment les experts de l'OIT. Ils sont actuellement près de 73,4 millions de jeunes chômeurs âgés entre 15 et 24 ans. Quant aux prévisions, le taux de chômage des jeunes devrait atteindre 30 % au Moyen-Orient en 2018 (contre 28,3 % en 2012) et 23,9 % en Afrique du Nord (contre 23,7 % en 2012).

Le modèle économique actuellement consacré au sein de la planète semble ainsi incapable de résoudre la question des nouvelles générations arrivant sur le marché de l’emploi. Pour vaincre cette vague endémique de chômage les économies développées semblent à court de ressources. On assiste  partout à une dévalorisation de la valeur du travail, de sa qualité et sa durabilité. La promotion du travail social a amélioré les chiffres périodiques de l’emploi mais reste un  facteur de précarité sociale. L’absorption d’une partie de l’offre par le recrutement dans le secteur public et l’administration illustre surtout l’hégémonie de la bureaucratie, des rentiers et donc de la résistance à la modernité, la méritocratie et l’égalité de chances. A ce jour, on a proposé très souvent des solutions qui soulagent à l’instant mais provoquent des dégâts plus graves dans la durée. Bref, on continue à chercher. Les décideurs politiques ont certes compris le rôle essentiel de l’éducation et de la formation dans ce domaine ; ils préconisent à juste titre la mise en place de politiques d’apprentissage tout au long de la vie pour promouvoir l’employabilité et la productivité tout en prévenant l’obsolescence des compétences. Les Européens ont constaté par exemple que le niveau de qualification est déterminant pour l’emploi. Dans toutes les tranches d’âge, le taux d’activité est beaucoup plus important chez les personnes ayant un niveau d’instruction élevé. C’est ainsi que le plus récent programme de l’union européenne pose le principe qu'un jeune - une personne majeure âgée de moins de 25 ans et déjà dans la vie active - doit bénéficier, quatre mois après avoir perdu un emploi ou terminé une formation, d'une nouvelle formation, d'un stage ou d'un emploi .La Banque européenne d'investissement (BEI) financera pour sa part des infrastructures d'apprentissage et d'enseignement supérieur, la formation des jeunes et des prêts pour étudiants.

Dans ce contexte  du chômage des jeunes, l'Allemagne enregistre un des niveaux les plus bas d'Europe, aux côtés de l'Autriche et des Pays-Bas. Mais si on continue à présenter en modèle l’exemple allemand, avec un taux des 15-24 ans compris entre 6 % et 8 % selon les méthodes de calcul, le doute  est déjà là ! Une étude récemment publiée par le DIW -une institution allemande  elle aussi –explique cette remise en cause. Selon son auteur, Karl Brenke, la principale raison du "miracle allemand" est simplement l'évolution démographique. Sur 100 jeunes allemands actuellement, 44 poursuivent leurs études, 16 sont en formation professionnelle, 31 travaillent, 5 sont au chômage et 4 ne rentrent dans aucune catégorie précise. Mais d’un côté le nombre de jeunes âgés de 15 à 24 ans a diminué de plus de 600 000 personnes (sur près de 10 millions en 2005), de l’autre, les chiffres risquent de changer avec l’arrivée des autres jeunes ayant achevé leurs études.

On peut retenir de notre côté, que les problèmes de l’emploi  s’aggravent aussi dans ces pays lorsque les réformes économiques destinées à l’amélioration des performances et de la transparence du système économique ne sont pas réalisées ou restent prisonnières des interminables résistances et contraintes.

Ce sont finalement des problèmes que les économies développées ne sauraient  résoudre sans l’apport des sociétés en développement et des pays dits émergents, là où nichent de grandes possibilités de relance des activités économiques. Une amélioration des performances économiques et sociales de ces derniers constitue une condition pour  la sortie  de l’ensemble des économies développées du cercle vicieux de la crise. Et par voie de conséquence l’établissement de nouvelles perspectives pour l’emploi des nouvelles générations à l’échelle mondiale.

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