Médias et Pouvoirs: Peut-on tout dire?

Médias et Pouvoirs: Peut-on tout dire?

Jeudi, 23. juillet 2015 - 17:45

Lieu : Rabat

 

Naguère appelé 4ème pouvoir, ou contre-pouvoir, les médias en général et la presse d’information en particulier, jouent un rôle fondamental dans l’animation du débat démocratique et la protection du droit à l’information.

Depuis les années 1900, les changements technologiques ‘dans les techniques d’impression’ et le début d’une activité lucrative – recettes publicitaires -, ont créé une nouvelle relation entre presse et politique. L’avènement de la radio puis de la télévision a révolutionné les modèles de communication de masse. Aujourd’hui, la généralisation d’Internet, et la diffusion massive des réseaux sociaux, posent avec acuité la question de l’authenticité de l’information.

En effet, la multiplicité des sources et le flux incontrôlable d’information imposent la nécessité de la rigueur journalistique susceptible de défendre le lien entre la citoyenneté et l'information qualitative.

Cependant, la relation entre médias et pouvoir n’a jamais été un long fleuve tranquille… Il est désolant de constater que lorsque le pouvoir s'intéresse aux médias, cela se fait dans un esprit de domination et d’ingérence dans les lignes éditoriales. De la même manière, il n’est pas rare de constater que des conglomérats médiatiques, de par les leviers de pression dont ils disposent, puissent faire et défaire des carrières politiques. Ceci reflète la complexité de la relation, quelques fois incestueuse, entre médias et pouvoirs dans le cadre d’une équation tripartite dont les protagonistes sont le citoyen, le journaliste et le dirigeant.

Ainsi, même dans les plus grandes démocraties mondiales, à l’exemple du Royaume Uni, où le droit de savoir est érigé en institution inaliénable, les événements survenus en 2012 dans l’un des fleurons de la presse britannique, News Of The World, a clairement posé sur la place publique mondiale, la question de la moralisation de la presse et de ses rapports avec le pouvoir à la fois politique et financier, les deux n’étant bien souvent que les deux faces d’une même pièce.

Au Maroc, comme dans toute démocratie en développement, les mutations sont nombreuses et les défis d’envergure. Ainsi, sous l’impulsion de la nouvelle constitution, des projets structurels du secteur médiatique sont en cours de négociation entre les différents partenaires. L’établissement et la mise en place des nouveaux cahiers de charges de l’audio-visuel, nouveau code de la presse… Le tout, dans la perspective d’une réelle séparation des pouvoirs.

La prise de position impartiale et la transcendance du politiquement correct associées à l’engagement d’accepter la critique objective sans porter préjudice à son émetteur, sont les conditions sine qua non d’un partenariat gagnant - gagnant conduisant à une crédibilisation du débat démocratique.

Dès lors, quelques questions s’imposent :

-Quelles sont les limites de la connivence ou de la complaisance ? Comment garantir l’exercice moral de la profession journalistique et prévenir les dérives sensationnalistes ou diffamatoires du journalisme?

-Comment prévenir l’influence mutuelle et promouvoir l’indépendance du médiatique par rapport au politique ? Et vis et versa?

-Quel rôle pour la société civile et pour le citoyen dans l’exigence d’un débat transparent et d’une information de qualité ?

Interviendront à cette conférence Messieurs: 

Edwy Plenel: Co-fondateur et Président de Mediapart – France 

Alain Gresh: Directeur adjoint  du Monde Diplomatique – France 

Rachid Niny: Directeur d'édition d'Al Akhbar – Maroc 

Pierre Kroll: Dessinateur et Caricaturiste – Belgique 

Réda Benjelloun: Directeur des Magazines d'Information et du Documentaire chez TV 2M – Maroc 

Modération:

Nabil Sebti Directeur du développement d’une startup marocaine –  Maroc


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