Arganoil company la force du terroir

Arganoil company la force du terroir

Ce ne sont pas seulement les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, les moyennes et les grandes entreprises locales ou internationales, qui constituent les piliers et les leviers de l’économie marocaine. Il faut aussi considérer certaines entreprises de taille plus modeste. A ce titre, le cas de la société Arganoil company est exemplaire : une expérience originale, axée sur un projet de développement durable lié à une richesse classée par l’UNESCO, au Patrimoine international de la biosphère, et disponible uniquement au Maroc, l’arganier. C’est en 2001 que Zakaria Ouissafane, le créateur de l’entreprise, se lance dans une aventure dont les résultats sont particulièrement probants, six ans plus tard. 

La stratégie de production

L’originalité de la démarche de Zakaria  Ouissafane réside dans le fait qu’il a entièrement repensé la filière traditionnelle de l’argan, depuis la collecte des fruits jusqu’à la production de l’huile et de ses produits dérivés. Le centre de collecte fait appel régulièrement à 250, 300 personnes pour la collecte et le concassage, avec des pics qui peuvent atteindre jusqu’à 600 personnes en période de forte production. Il fonctionne selon une démarche managériale fondée en grande partie sur les relations sociales. L’exploitation des arbres en vue de la cueillette est majoritairement faite par des hommes, les femmes, très actives dans cet espace, s’occupant en grande partie des opérations de décorticage et de concassage.

Les fruits utilisés par Arganoil company sont soumis à une traçabilité très rigoureuse. Ils proviennent directement d’arbres situés autour d’Aoulouze (région de Taroudant), sur des terres certifiées biologiques. Ce modus operandi constitue en soi un premier facteur de différenciation pour l’entreprise.

Deuxième facteur d’originalité : le stockage de la matière première se fait chez les exploitants collecteurs, qui s’engagent à vendre toute leur production à Arganoil Company. En contrepartie, cette dernière s’engage à acheter toute leur production et paie d’avance jusqu’à 50% de la matière première. La production est ensuite directement acheminée dans les locaux d’Arganoil company, ce qui limite les risques d’altération.

Alors que dans le système traditionnel, notamment dans les 120 coopératives de ce secteur d’activité, la  production d’huile est l’affaire de femmes d’un certain âge, (de grands–mères ou même d’arrière–grands–mères !) Arganoil Company a choisi de confier la production à un personnel très qualifié, d’un âge normal pour travailler,  au sein de son unité de fabrication. Basée à Casablanca, l’usine emploie, en plus du gérant,  trois administratifs et dix employés qui s’occupent des différentes phases de la production.

L’équipe gère avec une efficacité remarquable les trois phases: extraction, filtration  et conditionnement. Quant aux cosmétiques, le processus intègre la formulation et la fabrication. Les ressources humaines très polyvalentes ont été formées sur place dans la propre école de l’entreprise.

La fabrication est réalisée par des machines spécifiques, conçues par Zakaria Ouissafane, ingénieur électro - mécanicien de formation et titulaire de plusieurs brevets pour ses inventions. Deux justifications à ce choix : les machines internationales disponibles sur le marché ne sont pas parfaitement adaptées à l’argan, et  Zakaria Ouissafane souhaite disposer d’une entière autonomie en ce qui concerne le matériel et veiller à l’amélioration du rendement de ses machines.

En effet, dans le système traditionnel, les fruits, du fait de leur dureté (réputée seize fois supérieure à celle des noisettes, elles-mêmes plus solides que les amandes), sont cassés avec des pierres. Par journée de travail, une femme produit 1 à 1,5 kg d’amandons. 100 kg de fruits mûrs permettent d’obtenir 30 kg de pulpe sèche de noix qui ne donne que 3 kg d’amandons, desquels sera extrait à froid seulement un peu plus d’un kilogramme d’huile d’argan. De plus, l’extraction d’huile à la meule de pierre  se fait à la main, chez AC, en revanche, l’utilisation  de machines modernes permet le malaxage et l’extraction d’une huile conforme aux normes internationales d’hygiène, totalement bio, avec un rendement de 42% à 48%. Ce procédé est complété par un conditionnement moderne en verre de 250, 500 et 750 ml, étiqueté selon les normes internationales de traçabilité des produits agrobiologiques. Leader sur le marché de la production de l’huile d’argan, pionnier dans la diversification des produits qui en sont dérivés, AC a ainsi pu obtenir la certification «produit issu de l’agriculture biologique». La société a obtenu le Prix des huiles et du management. En 2004, un quatrième prix des Journées françaises de cardiologie a récompensé le travail des chercheurs de la  faculté des sciences de Ben Msick sur les lipoprotéines, une expérience à laquelle participe activement AC, à travers un soutien permanent aussi bien financier qu’en fourniture de produits d’expérimentation. L’entreprise travaille aussi en partenariat avec les laboratoires Pierre Fabre France et les laboratoires Renau au Canada. L’huile d’argan commence même à être prescrite par ordonnance, au Maroc mais aussi en Europe et en Amérique du Nord.

La production d’Arganoil company comporte une huile issue d’amandons légèrement torréfiés avant pressage et une huile issue d’amandons pressés naturellement. L’extraction, réalisée par pression mécanique des amandons fraîchement récupérés, permet un processus de gestion de la production « juste à temps » et évite les risques d’altération ou d’acidité.  L’opération de pressage s’effectue à une température inférieure à 60°C, avec une filtration en plusieurs étapes, par des moyens mécaniques classiques et sans aucune adduction de substances chimiques

Originalité du financement et du marketing

Arganoil  company est une société à responsabilité limitée au capital de 100 000 DH. Cette petite firme a vu son chiffre d’affaires multiplié par 16 en cinq ans (2002-2007), réalisant un taux de croissance exceptionnel qui n’a, à notre connaissance, été constaté dans aucun autre secteur de l’activité économique.

Le chiffre d’affaires est réalisé à 10% sur le marché marocain et les 90% restants le sont à l’export, principalement sur le marché européen et accessoirement sur le marché américain : 80% en Europe dont 55% en France, 7% en Amérique, 13% en Afrique, Moyen-Orient et Asie. L’originalité du projet réside dans le fait qu’il a été financé entièrement avec des fonds propres, ce qui  permet à l’entreprise de préserver son indépendance vis–à-vis du secteur bancaire.

L’investissement a été estimé au départ à 100 000 DH pour le centre de collecte et à 300 000 DH pour l’unité de production d’huile d’argan. En 2007, le patrimoine immobilisé, les machines, les équipements et les aménagements réalisés au niveau de l’unité de Casablanca, permettent d’affirmer avec certitude que ce patrimoine se situe maintenant à plus d’un million de dirhams.

Selon les critères de capital et effectifs des ressources humaines, Arganoil company se classe dans la catégorie des petites entreprises, alors que selon ceux du patrimoine et du chiffre d’affaires, elle se situe  facilement parmi les entreprises moyennes.

En ce qui concerne la capacité de production, elle est passée de 60 litres par jour en 2001 à  500 – 600 litres en 2007, soit 8 à 10 fois la capacité initiale. L’objectif de 2007 qui semble être atteint est de 30 tonnes, ce qui confirme le leadership de l’entreprise. Arganoil company, en exportant 27 tonnes sur les 70 transférés en 2007, détient une part de marché en volume de 38,57%, et comme ses produits sont valorisés et exportés, la part de marché en valeur est certainement supérieure.

Politique du produit

Le cœur de la stratégie marketing repose sur l’idée que l’huile d’argan, huile essentielle insaturée, n’est pas uniquement un produit de cuisine, mais aussi un produit important de cosmétique et de traitements thérapeutiques. C’est une approche nouvelle, car elle peut dépasser les critères habituellement utilisés comme arguments de vente.

Bien sûr, cette vision a permis à Arganoil company de bénéficier d’un trend favorable avec une bonne stratégie marketing. D’après Zakaria Ouissafane, directeur général de l’entreprise, la stratégie de la société s’appuie sur cinq leviers :

- Une innovation permanente.

- Un système de production fiable, normé, efficace et flexible.

- Un design exceptionnel au niveau du conditionnement.

- Une distribution permettant de rapprocher l’entreprise de sa clientèle cible.

- Une indépendance technique et financière.

La caractéristique essentielle d’une approche orientée vers le marché mondial est l’existence d’une variété de lignes de produits dont le design correspond aux variations des concepts de produits et aux exigences de traçabilité imposées par certains pays. Toujours selon le dirigeant de l’entreprise, la société veut disposer d’un  concept de produit clair et  orienté dans trois directions :

- Jeune et branché vers une clientèle internationale de plus en plus sensible aux questions de l’écologie, du développement durable et des produits bio.

- Actif et sportif, vers une clientèle européenne, d’Amérique du Nord et bientôt du Moyen-Orient, de plus en plus motivée par l’équilibre physique, la forme, le bien-être et la santé.

- Calme, sobre et  classique, vers une clientèle européenne, d’Amérique du Nord et bientôt du Moyen-Orient  d’un âge certain, cherchant des produits intéressants pour elle-même et pour sa famille. Ce sont les caractéristiques de la clientèle que l’on peut constater dans la boutique de l’entreprise,  Bio Issafarne. Chaque ligne de produits est consacrée à un thème original selon les principes de segmentation développés ici.

Politique de prix, distribution et communication

Côté prix, l’entreprise se situe dans les tranches de prix des produits haut de gamme : elle a fait le choix de vendre son produit à 160 DH le litre sur le marché marocain, où certains produits du secteur traditionnel sont commercialisés à 100-130 DH. Cependant, sur les marchés étrangers, la valeur ajoutée sur les points de vente peut aboutir à un prix de 24 euros  pour la bouteille de 250 ml sur le marché européen par exemple ; en se positionnant dans une tranche de prix de  20-30 euros où se concurrencent des entreprises de produits bio, diététiques, d’épicerie fine ou de spécialité, l’entreprise opère sur un segment dans lequel le prix et la performance économique sont très difficiles à réaliser.

Concernant le couple prix - distribution, le créneau choisi exige de faire intervenir les caractéristiques principales déjà présentées, mais aussi secondaires de différenciation, telles que la présence dans certains points de vente à l’étranger (à travers de petits grossistes qui eux-mêmes vendent à des commerces de détail autres que les grandes et moyennes surfaces) et le partenariat avec de grands laboratoires.

En fonction de cette stratégie, Arganoil Company essaie de toucher une cible très large, tout en exploitant une niche intéressée  par les produits bio, sous l’effet du consumérisme et de l’écologie. Ceci explique le trend favorable de l’entreprise depuis le début de ses activités jusqu’à 2007. En effet, la croissance du nombre de personnes achetant ce type de produits détermine les performances du chiffre d’affaires et par voie de conséquence, la rentabilité de l’entreprise.

Au Maroc, la distribution qui reste limitée à Casablanca, à la boutique Bio Issafarne  située près du palais royal et du quartier des Habous, à Rabat, à travers la boutique Votre argane, et à Essaouira, dans le cadre de la boutique Argan tower, exige une longue réflexion. Les  questions qui se posent sont les suivantes : n’y aurait-il pas possibilité de démultiplier ce concept de boutique dans les grandes villes du royaume ? La réponse est certainement oui. Est-ce que le fait de penser aux grands magasins de la catégorie grande et moyenne surfaces ne serait pas un bon choix ? La réponse est un non catégorique.

Le concept des commerces évolutifs au Maroc de type boutiques d’épicerie fine, pharmacies ou parapharmacies, herboristeries modernes ne pourrait-il pas constituer une voie pour mieux pénétrer le marché marocain ? C’est certain, et dans ce cadre, les idées de « joint venture » ou de franchises ne sont pas à écarter dans un avenir proche. Une chose est sûre, le DG de l’entreprise semble éviter scrupuleusement l’intermédiation des distributeurs de masse, pour mieux maîtriser la distribution et la demande du produit qui répond à des besoins spécifiques de bien-être.

Sur le plan de la communication, la stratégie marketing de l’entreprise étant peu orthodoxe, il n’est pas surprenant que le responsable de l’entreprise opte également pour une publicité sélective, un marketing très différencié et des activités de promotion limitées, dirigées vers des cibles restreintes. La société a emprunté des voies non pratiquées par les fabricants d’huile d’argan. Elle utilise, par exemple, le parrainage, le mécénat, la contribution à de vastes programmes de développement durable, sur lesquels nous allons revenir, l’affirmation de la personnalité de son dirigeant, un homme reconnu par les pouvoirs publics au Maroc, et le contact direct avec le monde scientifique, de la recherche fondamentale (université) ou de la recherche appliquée (laboratoires).

L’entreprise a pris l’initiative de désigner le 29 avril comme journée nationale de l’argan, de valoriser l’image de cette huile très spécifique à travers le Moussem international de l’arganier, organisé chaque année à Aoullouze entre le 29 avril et le 1er mai.

Concurrence et facteurs de vulnérabilité

Difficile pour des concurrents d’égaler Arganoil company en créativité, en flexibilité des systèmes de production, en qualité et en design des produits. L’entrée de nouveaux venus sur le marché risquerait d’ailleurs d’exercer une pression à la baisse des prix de détail, ce qui serait fatal à certaines coopératives encore mal structurées et à l’image de qualité de ce produit exclusivement marocain. Alors que l’on a assisté à une envolée des prix depuis cinq ans environ - en relation avec la croissance de la consommation dans les milieux urbains et modernes de la société marocaine - on peut considérer que la bouteille de 250 ml devrait actuellement se vendre au Maroc aux alentours de 50 DH au lieu des 70 DH actuels, un prix supérieur aux commerces informels qui sont dans la tranche de 22 à 28 DH pour la même quantité.  En Europe, pour les produits normés et bien conditionnés, le prix pourrait se situer aux alentours des 19 ou 20 euros, au lieu des 24 actuels. Mais avec quel risque ? Certains détaillants traditionnels de Casablanca qui ont été consultés, tous originaires du Souss, pensent que les prix vont même certainement tomber dans la zone des 60 – 70 DH à cause de la malhonnêteté de certains commerçants dénués d’éthique qui procèdent à des mélanges illicites avec des huiles de table moins chères et compensées par l’Etat. La vente des produits de contrefaçon est préoccupante, ainsi que celles effectuées au rabais par l’intermédiaire du marché gris ou noir, par lequel des commerçants non autorisés exploitent les différences de prix entre le produit naturel et conforme à la norme nationale de l’huile d’argan, et les produits vendus meilleur marché un peu partout, après avoir été pendant longtemps stockés dans les régions de production.

Dans un marché aussi atomisé, hétérogène, opaque, désorganisé et où la concurrence se fait principalement par le prix, à un moment où la production approche de son seuil de stagnation, il faut trouver de nouvelles solutions et envisager de nouvelles perspectives. Dans ce secteur, persistent notamment des responsabilités ministérielles et publiques mal identifiées, entraînant souvent des conflits de compétences ou des fuites devant les responsabilités.

Un secteur chaotique

Le secteur est sous le contrôle du ministère de l’Intérieur, agent régulateur au niveau local des terres «joumoue ou de jmaâ», du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, qui doit veiller au respect des normes d’exploitation de l’arganier, rôle complété par la direction des Eaux et Forêts, censée veiller à la protection de l’arbre et lutter contre l’arrachage sauvage qui, semble-t-il, est lié récemment à des opérations spéculatives. (Cela a été constaté à Oulad Berrehil dans la province de Taroudant, à travers les événements douloureux du douar de Oulad Allag en octobre 2007, ou encore à Ida Ougmade, en raison de conflits sur des terres «joumoue ou de jmaâ», entre des populations locales qui en vivent et des personnes qui veulent faire main basse dessus, en vue de projets de développement non identifiés). Quant au quatrième intervenant de l’Etat dans ce secteur d’activité, le ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Mise à niveau de l’économie, il est censé veiller au respect des bonnes pratiques de production, à la rationalisation des pratiques de production et de commercialisation au Maroc et à l’étranger. Or on assiste à une vague spéculative et à l’exploitation abusive de la nappe phréatique par des puits récemment creusés. Devant cette situation, la presse locale, les populations et certaines forces vives de la région ont interpellé aussi bien les autorités locales que l’Agence du bassin du Souss Massa Drâa. A ce jour, les réponses semblent timides ou peu convaincantes, voire même inexistantes dans certains cas.

Autre indicateur de la désorganisation et de l’atomisation du secteur, les structures professionnelles de cette branche d’activité : en fait, 120 coopératives dont 15 ont été regroupées au sein de l’Association des coopératives féminines d’argan mais sans efficacité apparente jusqu’à maintenant. Cette structure manque encore de vision par rapport à ce qu’elle peut jouer comme rôle structurant dans ce domaine. Avec le Groupement d’intérêt économique d’Agadir, les coopératives gèrent 20 à 25% de la production de l’huile d’argan. Les 75 à 80% qui restent sont gérés par le Groupement marocain des producteurs d’huile d’argan, dont Zakaria Ouissafane est le secrétaire général. Avec sept entreprises privées, structurées et formelles, cette organisation se veut le fer de lance de la profession, aux niveaux local et international.

Au vu de cette situation chaotique, une organisation du secteur, une synergie entre les opérateurs et une clarification des rôles des pouvoirs publics s’imposent. Il faut une nouvelle vision et surtout une forte implication des secteurs publics et privés en complémentarité, en quelque sorte un plan Emergence du secteur de l’huile d’argan

L’intérêt que les Espagnols, les Grecs et les Américains ont affirmé à Meknès dans le cadre des deux dernières éditions brillantes du SAGRIM concernant les huiles d’olive ne pourrait-il pas se manifester aussi vis-à-vis de l’huile d’argan ? Peut-on raisonnablement considérer que les 750 000 DH, que certaines coopératives, employant 4 à 5 personnes, ont reçu de l’Agence de développement social, s’inscrivent dans une logique structurante du développement économique et social, dans une politique générale et intégrée du développement rural ? Ne sommes-nous pas plutôt, encore une fois, dans une logique démagogique faisant de populations fières, des populations soumises et assistées?

Deux séries de questions doivent trouver des réponses. Au niveau des administrations publiques, qui fait quoi, pourquoi, comment et avec quels moyens ? Et au niveau du secteur et du marché, quelle organisation faut-il mettre en place et comment structurer les différents intervenants et leurs opérations ?

Dans ce contexte, Arganoil company souhaite travailler à l’international, sur un nouveau créneau, avec un produit qui fait lui-même sa propre communication, un produit reconnu, valorisé et normé. Le second grand chantier serait relatif à l’organisation de la filière d’argan, en vue d’assurer son développement.

Projets de diversification

En ce qui concerne le troisième grand chantier, plus micro – économique, il consiste à s’embarquer dans un programme de diversification à partir de 2008. C’est dans cette perspective  qu’Arganoil company va se lancer dans son plan stratégique 2008 – 2012, pour l’amélioration de la qualité, tout en se positionnant sur un nouveau segment de produits cosmétiques naturels, ce qui évite de s’engager dans une lutte concurrentielle avec les grands laboratoires, qui continueront à exploiter le segment des produits chimiques, ou des produits naturels avec adjonction de substances chimiques. Il s’agit ici d’une diversification des produits.

Par ailleurs, l’ouverture de la plate-forme commerciale de Dubaï, en 2008, s’inscrit dans une stratégie de diversification spatiale et d’accès aux marchés du Moyen-Orient et d’Asie. Ces deux objectifs de consolidation de la commercialisation constituent un facteur clé de succès,  pour doubler le chiffre d’affaires global de l’entreprise dès 2010, mais exigent la mise en place d’une nouvelle unité de production de cosmétiques qui va d’ailleurs démarrer dès janvier 2008 avec 10 employés.

En interne, une réflexion est en cours  pour mieux maîtriser le coût de revient de l’huile vierge qui est actuellement de 160 DH le litre sortie usine, et atteint 180 DH pour l’huile vierge désodorisée. Les emballages bouteilles en verre importés d’Italie pèsent lourdement sur les charges directes de conditionnement du produit. A 60 DH hors taxes douanières et hors transport pour la bouteille 250 ml, 110 DH  pour la bouteille de 500 ml, et 150 DH  pour la bouteille de 750 ml, l’entreprise supporte un coût du contenant supérieur à celui du contenu, sur un marché marocain où la bouteille de 250 ml est vendue à 70 DH.

Quelle implication dans le développement durable ?

Concernant la contribution de l’entreprise au développement durable, plusieurs expériences ont été menées et d’autres sont en cours de finalisation. Il s’agit d’abord d’un projet géré par l’association Terre et humanisme concernant la lutte contre la précarité. En plus des formations d’agrobiologie assurées dans les zones du sud au sein d’une ferme expérimentale et orientées vers l’apprentissage des techniques agricoles adaptées aux espaces arides ou semi-arides, l’association a lancé un projet qui permet, sur une surface de 100 m2, de subvenir aux besoins d’une famille de quatre à cinq personnes, grâce à la technique du mulchage, développée depuis la première guerre mondiale. Retour aussi à l’utilisation massive de l’humus, cet engrais naturel presque gratuit et combien utile pour garantir une production bio, comme nos ancêtres nous l’ont appris.

En troisième lieu, il s’agit de relancer la production de la nigelle (sanouj en arabe), vendue sur le marché à 40 DH le kilogramme, actuellement importée au Maroc, autrefois l’un des plus grands producteurs au monde. L’association veut aussi relancer la production d’amarante, dont l’apport en protéines est très élevé, du safran, dont le prix est exceptionnellement élevé sur les marchés locaux et mondiaux, de la taziout, utilisée dans le sud en période de sécheresse et qui assure un apport nutritionnel et calorique remarquable, ou encore du millet (illane en arabe), importé aujourd’hui de Turquie ou d’Iran, alors que le Maroc en a été l’un des plus grands producteurs au monde. Zakaria Ouissafane a donc commencé à offrir, sur ses propres sols, des superficies à de jeunes chercheurs, avec pour seule condition d’expérimenter les plantes et les graines citées ci-dessus ou même d’en expérimenter d’autres. Arganoil company assure le soutien logistique, l’accompagnement et la formation. En décembre 2007, environ 30 hectares ont été déjà affectés à ce vaste projet de développement durable, soit 10 projets dont les expériences sont à suivre.

Enfin, le plus grand chantier : l’entreprise organisera dès 2009 le Carrefour international des initiatives locales à Aoulouze, faisant de cet espace le gage du véritable engagement d’Arganoil company  pour de vrais projets de développement durable.

En conclusion…

Arganoil company nous montre le rôle que peut jouer la PME marocaine dans le développement économique et social du pays. Le second enseignement est que ce ne sont pas uniquement les secteurs modernes qui doivent être systématiquement privilégiés et profiter à ce titre des soutiens publics : il faudrait manifester le même intérêt à l’égard du secteur traditionnel des activités agricoles, artisanales, commerciales… en un mot de ce qu’on appelle l’économie sociale et pérenne.

La valeur du modèle d’industrialisation et de modernisation de La France des 18e et 19e siècles s’est bâtie sur l’idée de développer les secteurs modernes sans oublier les secteurs traditionnels, de soutenir la moyenne et la grande entreprise, sans pour autant occulter la petite. Cette voie peut être celle du Maroc d’aujourd’hui et de demain. En d’autres termes, le cas d’Arganoil  Company  nous permet d’affirmer avec certitude que ses produits peuvent prétendre à la même image et à la même renommée internationale que les grands produits des terroirs français, tels que le fromage, le foie gras, le vin ou le champagne…

 

L’arganier, un arbre protégé, une grande richesse pour le Maroc Appelé par les chercheurs en biologie végétale « l’arbre de la vie », l’arganier ou argania spinosa se trouve actuellement exclusivement dans la région du sud – ouest marocain, à l’intérieur d’un triangle délimité par Essaouira au nord, Sidi Ifni au sud et Talouine- Aoulouze, soit une superficie estimée à 800 000 hectares environ, avec une densité variable allant de 4-5 arbres à 200-250 à l’hectare. L’existence de cet arbre remonte à plusieurs millions d’années. Certains chercheurs ont même retrouvé des fossiles d’arganier en Sicile. Le secteur de l’huile d’argan a vu la création de coopératives de femmes et même d’un groupement d’intérêt économique, soutenus par l’Etat et plus particulièrement par l’Agence de développement social. En 1999, l’arganier a été classé au  Patrimoine mondial de la biosphère par l’UNESCO.

Partenariats scientifiques d’Arganoil company

• Le laboratoire de recherche sur les lipoprotéines de la faculté des sciences de Ben Msik-Sidi Othmane de Casablanca, en collaboration avec le Laboratoire de recherche sur l’athérosclérose du ministère de la Santé publique et de l’Etat – major des Forces armées royales.

• L’Institut Aïcha santé nutrition.

• L’Institut de formation aux carrières de santé de Meknès.

• L’Institut national de recherche agronomique (INRA) de Toulouse, France.


Les bienfaits médicaux de l’huile d’argan

Dans un article scientifique de recherche clinique, la revue mondiale Cancer Investigation a souligné les effets positifs de l’huile d’argan sur le canceR de la prostate, du fait de la présence dans sa composition d’une substance anticancérigène, le schottenol.

D’autres reconnaissances internationales ont fait valoir les vertus de l’huile d’argan dans le traitement des maladies cardio-vasculaires, du diabète, des rhumatismes, des hémorroïdes, pour la stabilisation du cholestérol ou la réduction de l’hypertension… Voilà qui facilite la commercialisation du produit à l’échelle mondiale, aussi bien pour ses qualités nutritionnelles et cosmétiques que thérapeutiques.

 

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