Priorité et emploi

Le taux de chômage dans la zone de l’OCDE s’élevait à 7.9 % en mai 2012, ce qui correspond à environ 48 millions de personnes sans emploi – presque 15 millions de plus que lorsque la crise financière a éclaté à la fin de 2007. Les projections économiques de l’OCDE de mai 2012 indiquent que la création d’emplois restera faible dans de nombreux pays de l’OCDE et que le chômage dans cette zone pourrait se situer toujours aux alentours de 8 % à la fin de 2013.

Eurostat, le bureau des statistiques de l'Union  européenne, annonce que le chômage dans la zone euro a atteint 11 pour cent en juillet 2012. Dans le même temps, l'index des directeurs d'achat  de Chine est tombé à 50,4 en mai, soit une chute spectaculaire par rapport à 53,3 en avril. 
Le Brésil a annoncé que son économie n’a progressé au premier trimestre 2012 que de 0,2 pour cent, significativement moins que ce qui était attendu.

Ainsi semble perdu le pari sur la relance des économies des pays émergents, pour contrer les effets de la récession et consolider les tendances de reprise de l’économie mondiale.

Le cas américain mérite une attention particulière, le rythme de création d'emplois aux Etats-Unis s’est accéléré au mois de juillet avec 163.000  emplois  créés, selon les données publiées  par le département du Travail ; le taux de chômage a en revanche augmenté, progressant  à 8,3% en juillet, contre 8,2% en juin. Ils sont  12,7 millions de personnes de plus qui ont renforcés aux Etats-Unis le contingent des demandeurs d’emplois.

Malgré une série de mesures fédérales, l'intégralité des créations d'emploi aux USA en juillet, est venue du secteur privé, avec 172.000 nouveaux postes, tandis que le secteur public en a détruit 9.000.

Face à cette généralisation de la récession ou du ralentissement, ni FMI ni Banque mondiale n’ont de recette à proposer, la nouveauté de la crise de 2007  réside dans l’explosion simultanée du chômage de longue durée  et du chômage durable des jeunes. Les remèdes conjoncturels n’ont pas prouvé leur efficience.

Aux  Etats –unis, pays de référence et leader de l’économie mondiale, les efforts financiers exceptionnels n’ont pas réussi à consolider une reprise  au ralenti ; en termes de résultats matière d’emploi, aucun secteur ne s’est montré capable de remplacer les manufactures et les industries fermées ou en instance, ni parvenir à de création massive d’emplois durables et productifs. La faible relance dopée par les injections fédérales dans la finance n’a réussi qu’à créer des emplois précaires ou dans le secteur des services.

Joseph Stieglitz, [1] économiste et prix Nobel dans la même discipline,  a expliqué cela le mois de juillet lors d’un entretien avec AP de la manière suivante : « Certaines personnes, dit-il, gagnent leur revenu du  travail qu’ils font, alors que d’autres ont un revenu juste parce qu'ils détiennent une ressource. Leur revenu n'est pas le résultat d'un effort. Ils agissent pour obtenir une plus grande part du gâteau au lieu de faire un plus gros gâteau. Ce qui finit par réduire celui ci. »

Il ajoute qu’ « Au cours des dernières années, le déficit budgétaire a été causé par une faible croissance. Si nous nous concentrons sur la croissance, notre déficit va baisser. Mais  si nous mettons l'accent sur le déficit, nous n'allons pas arriver à quelque chose. » .

Les idées de J.Stieglitz convergent aujourd’hui avec un courant critique plus large qui  plaide pour la relance par l’investissement public. Pour lui, la relance passe par l’établissement : de la création d’emplois comme priorité. Les mesures à prendre devraient contribuer à l’élimination du fossé entre le haut de la pyramide sociale avec son milieu et sa base. Parmi les niches qu’il propose, la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur et à la santé aux USA. Une solution à laquelle adhèrent de nombreux décideurs américains aujourd’hui.

[1] Extraits de l’entretien  de Joseph Stiglitz  à propos de  son nouveau livre , The Price of Inequality,

 

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