Mentors : pouvoirs et devoirs

Le 8 mars, journée internationale de la femme, me donne l’occasion de revenir sur une initiative. Il y a quelques années, Ilham Zihri, deuxième génération à la tête d’un groupe d’entreprises familiales de Rabat, lance au Maroc, le réseau des femmes pour le mentoring. Ce concept, relativement nouveau pour le Royaume, permet à deux femmes, un mentor et sa protégée, de construire une relation de confiance qui va bien au-delà du rôle de conseiller. L’expérience du mentor sert en effet de base d’apprentissages, de construction de réseau et de développement des capacités individuelles de la protégée. Cet échange entre deux professionnels permet d’ailleurs aux deux parties d’améliorer leurs compétences et leur position dans le monde de l’entreprise.

Si cette initiative vise principalement des entrepreneures ou cadres d’entreprises, elle cherche aussi à contribuer à l’amélioration de la position socio-économique de femmes dans l’ensemble du pays.

Mais le mentoring ne se limite pas à l’empowerement de certaines catégories d’individus. Il prend tous son sens dans la sphère de l’entreprise familiale. En effet comment peut on nier les bénéfices d’une relation privilégiée avec un individu qui :

  • écoute vos problèmes, vos angoisses et vos rêves
  • ne vous juge pas sur vos propos
  • ne vous dit pas ce qu’il faut faire
  • est passé par là
  • vous pose des questions difficiles et vous aide à trouver des réponses
  • peut vous fournir des informations capitales lorsque vous en avez besoin
  • vous respecte, croit en vous et en vos capacités.

Cette liste, non exhaustive, répond à de nombreuses problématiques de l’entreprise familiale. Ce concept peut en effet permettre de faire émerger une nouvelle génération de leaders, aidés et soutenus dans leur parcours par des membres de la génération dirigeante. Une telle relation privilégiée entre un successeur et son prédécesseur, ou un autre membre de la génération au pouvoir, est ainsi considérée comme étant une condition de réussite du processus de transmission de l’entreprise familiale.

Mais le rôle des mentors ne se limite pas au processus de succession dans l’entreprise familiale. En effet chaque fois que celle-ci est confrontée à une crise financière, émotionnelle, stratégique ou familiale, les apports d’un mentor sont indiscutables.

Je me souviens ainsi, de cet entrepreneur de Casablanca, qui, ayant succédé à son père à la tête de l’entreprise familiale, était confronté à une problématique stratégique qui mettait en jeu la survie même de l’entreprise. Ses réponses, il les a trouvées grâce à un homme, devenu son mentor, qu’il avait rencontré sur un salon à l’étranger. Cette relation avec un acteur plus âgé du secteur a permis à cet entrepreneur de trouver les réponses pour que l’entreprise démarre une nouvelle vie. Au fil des ans, la relation perdure, et tous les ans, le mentor revient à Casablanca pour accompagner son protégé pendant une quinzaine de jours. Au-delà du business, les relations entre les deux hommes se sont développées, et les deux familles pourtant géographiquement éloignées se sont rapprochées.

Que le mentor fasse partie de la famille ou non, il est dans les moments difficiles de la vie d’une entreprise familiale, un soutien et un moyen de continuer à apprendre pour affronter les défis à venir.

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