Lorsque le Roi meurt…

Le Roi Abdallah vient de mourir et pour citer le journaliste qui annonçait cette nouvelle à la radio ce matin « pour éviter des tensions de successions, le nouveau roi, le Prince Salmane, a immédiatement annoncé le nom de son successeur ! ». Les grands de ce monde ne s’y trompent pas, pour essayer d’éviter une guerre fratricide, il est essentiel de lever les doutes et de supprimer la plupart des incertitudes. Ceci ne suffit pas toujours, comme en témoignent les tragédies grecques, mais cela permet quand même de supprimer un des principaux écueils des successions familiales.

Alors une fois de plus, l’actualité m’a fait penser à nos chères PME familiales et à leur avenir. Je ne le répèterai jamais assez, la planification de la succession est le maître-mot de la pérennité de notre tissu économique. Bien sûr, il faut créer des entreprises, pousser de jeunes entrepreneurs à se jeter à l’eau, mais encore faut-il que la petite entreprise prenne racine et s’implante durablement dans le tissu économique. Car les plans de succession ne concernent pas que les dirigeants d’entreprises familiales. Nous sommes tous concernés, chacun à notre niveau. Qu’il s’agisse d’anticiper le départ d’un cadre clé, du fondateur d’une start-up ou d’un actionnaire familial, la réflexion doit être la même.

Il faut déjà commencer par imaginer le « après », cela n’est pas être ‘‘oiseau de mauvais augure’’, mais plutôt être bon gestionnaire. Je pense ainsi à une de nos grandes entreprises marocaines, leader dans son secteur qui s’est retrouvée du jour au lendemain sans directeur des ressources humaines, alors même que le capital humain est l’avantage compétitif de l’entreprise. Une fois que l’on a identifié les postes clés qui nécessitent un peu de « forward thinking » comme disent nos amis anglo-saxons, il faut formaliser le plan de succession. Dans l’urgence on saura alors quoi faire. Ainsi, pour revenir sur la succession de la famille royale saoudienne, on se doute bien que le nouveau monarque n’a pas réfléchi cette nuit à celui qui lui succèderait. Avant d’arriver à ce qui semble être la « bonne décision », il a probablement consulté des spécialistes ou évalué les potentiels candidats en les mettant peut être à l’épreuve.

Le processus est le même pour les entreprises familiales : qui peut succéder au dirigeant ? Quelles sont les qualités requises ? Qui est candidat ? Quel est le « meilleur » candidat pour l’entreprise et pour la protection du patrimoine familial ? Autant de questions qui doivent avoir trouvé une réponse définitive bien avant que la succession ne démarre. Et à l’instar du nouveau roi, les dirigeants doivent à tout prix éviter les périodes de doute et d’incertitude qui perturbent à la fois le fonctionnement interne de l’entreprise et les relations avec ses partenaires.

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