Fin du leadership Américain, vous dites ?

Parmi les multiples facettes du leadership, celle de la géopolitique est une expression usuelle, déshumanisée, plutôt classique. Cependant, elle ne correspond pas aux principes caractérisant le leadership dans les organisations modernes. Une des premières raisons à cette inadéquation réside dans le fait qu’il s’agit d’un leadership impliquant les États puisqu’il concerne l’organisation complexe de la communauté internationale, laquelle évoque souvent la notion controversée d’ordre mondial.

Dans le cadre de la géopolitique, il est rare que le leadership trouve sa source dans les seules ressources d’un État, il dépend surtout et essentiellement de l’articulation de celles-ci dans un jeu d’alliances et de rapports de force avec les autres nations. Par ailleurs, le monde contemporain est à la fois le résultat de stratégies actuelles des gouvernements et l’héritage du passé. Les empires, les conquêtes coloniales, les frontières, les exodes et les guerres ont des conséquences sur les ambitions géopolitiques actuelles.

L’ONU, lieu de déploiement des stratégies du leadership au niveau mondial, se trouve à l’heure du changement. Deux adaptations impératives vont devoir survenir : une révision des règles de fonctionnement du système et une intégration des nouvelles puissances (Inde-Brésil-Afrique du Sud, mais aussi de pays tels que l’Allemagne et le Japon).

Le leadership américain a aménagé des outils pour gérer les situations : le FMI, la Banque mondiale, le G8, l’OCDE, l’OPEP, et puis le G20. Ce dernier groupement constitue un alignement autour du leadership américain, lequel a intégré, sur une base arbitraire et subjective, des États parmi les pays émergents, tout en retranchant d’autres aux performances plus élevées, pour les mettre hors circuit. La situation internationale n’est pas statique, les pays du BRICS tentent de rester groupés mais leurs intérêts divergent. Les Russes sont dans une situation instable et les Européens sont en perte de vitesse1.

Les stratèges américains bien habiles sont à l’œuvre pour maintenir leur leadership et le rendre moins coercitif. On parle désormais de Smart power2. Les Américains gardent l’avantage en technologie et en recherche fondamentale ; ils deviendront aussi le premier producteur de pétrole mondial en 20203, et seront un exportateur net à partir de 2030. Il s’agit simplement d’une nouvelle distribution des priorités. Qu’adviendrait-il alors des États du Moyen-Orient actuellement courtisés ?

Les enjeux actuels signifient que les États-Unis resteront au top du leadership mondial ; ce sont leurs dauphins qui vont connaître quelques aménagements, avec de nouveaux arrivants, notamment la Chine, et le départ d’anciens potentats devenus séniles. Le prochain multilatéralisme restera, donc, américano-centrique!

 

 

L’Europe selon Le NSC américain  aura perdu son statut de puissance militaire dans vingt ans et aura du mal à avoir une réelle influence sur le reste du monde.

Mariage entre les notions de hard power (pouvoir de coercition par la force ou la menace, incarné par le Pentagone) et de soft power (capacité d’attraction par la persuasion, portée par Hollywood et Harvard).

Selon le World Energy Outlook 2012.

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