COP22 face au greenwashing : le mensonge vert

Alors que la COP22 démarre aujourd’hui à Marrakech, je remarque dans les nombreuses artères de la ville différents panneaux publicitaires d’entreprises privées faisant, de manière vague et dénuée de toute preuve ou d’actions concrètes, la promotion de la nature et de l’environnement avec des slogans et des logos bien mis en évidence. A non pas douter, ce n’est pas seulement le « temps de l’action » comme le veut le slogan, mais également et toujours le « temps de la communication » qui peut se solder en « temps de manipulation ».

Ce constat me fait penser, en effet, à un évènement qui a eu lieu il y’a un an en marge de la COP21 organisée à Paris. En décembre dernier, les chalands parisiens ont pu découvrir des affiches publicitaires ironiques et dénonciatrices du collectif londonien « Brandalism ». Malgré l’état d’urgence proclamé à Paris pour la COP 21 et armés seulement de vestes fluorescentes (imitant celles des employés des régies publicitaires) et de tournevis, ces activistes écologistes ont piraté pas moins de 600 panneaux du groupe JCDecaux à Paris.

Sous ce nom, contraction de « brand » (marque) et de « vandalisme », le collectif, né à Londres il y a trois ans, composé de près de 80 artistes de 19 nationalités différentes et adeptes de la « publicité subversive », décrit son action comme une révolte contre le contrôle des entreprises de la sphère visuelle pendant les négociations sur le climat. Le collectif estime en effet, qu’en sponsorisant la COP21, de grands pollueurs se promeuvent comme contributeur à la solution, alors qu’ils sont en réalité à la source du problème.

Deux affiches ont particulièrement attiré mon attention, il s’agit de celles dénonçant le greenwashing pratiqué par la marque allemande Volkswagen dans l’affaire du « dieselgate ».

 

Rappelons que le greenwashing est une forme de manipulation consistant à changer l’état d’esprit du public vis-à-vis d’une organisation dans le but de lui donner une image plus « verte » qui ne l’est pas en réalité : se faire passer pour une entreprise plus responsable sur le plan environnemental (voire même sur le plan social ; on parle alors de socialwashing).

Dans le cas de Volswagen, la société se vantait d’être à la pointe de la protection de l’environnement et du diesel « propre ». En réalité, Volswagen équipait 11 millions de véhicules de logiciels de trucage des tests antipollution et mettait presque 500 000 voitures en circulation rien qu'aux Etats-Unis avec un taux d'oxyde de carbone 40 fois supérieur à la norme imposée par les normes américaines.

 

 

Sans aller jusqu’à pirater des espaces publicitaires, j’aimerais juste rappeler que le « mensonge éhonté » n’est qu’une des 7 formes de greenwashing. Il existe 6 autres formes de manipulations (voir encadré ci-dessous). Je me demande combien de panneaux publicitaires actuellement affichés au Maroc tombent dans un des 7 péchés du "Greenwashing" recensés par l’agence « Terrachoice ».

 

Les 7 péchés du Greenwashing

 

1- LES COMPROMIS CACHÉS : Faire valoir un avantage écolo du produit pour en cacher les méfaits.

2- ZÉRO PREUVE : Affirmer être respectueux de l’environnement sans apporter la moindre preuve ni un certificat extérieur.

 3- RESTER VAGUE : Se proclamer « produit naturel » par exemple, ce qui finalement peut englober des produits contenant de l’arsenic, du mercure, etc., autant de produits « naturels » et pourtant très nocifs.

4- FAUX LABEL : Utiliser un logo falsifié pour faire croire à une vérification des vertus du produit.

5- MANQUE D’À-PROPOS : Mettre l’accent sur un bienfait environnemental non propre au produit, par exemple se vanter d’être sans CFC alors que les CFC sont, de toute façon, interdits par la loi.

6- LE MOINDRE MAL : Utiliser la cause environnementale pour défendre un produit nocif, comme les cigarettes « organiques ».

7- MENSONGE ÉHONTÉ : Mentir sans complexe sur son produit (souvent le cas pour le niveau de consommation d’énergie).

 

 

 

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