M. Chafik : les dégâts de l'élite sont enormes

L’académicien et intellectuel Mohamed Chafik répond à nos questions, avec sagesse, sens de l’humour et précision ; pour lui, en matière d’éducation au Maroc, il y a eu une véritable trahison de la part d’une frange de la classe politique. L’école, la pluralité, l’amazighité, la laïcité, le rapport au pouvoir. Sur toutes ces questions, l’interviewé nous offre un témoignage exceptionnel.

Les consultants en SI sont-ils d’un bon conseil ?

Les systèmes d’information envahissent désormais toutes les entreprises ; celles-ci recourent au conseil pour garder l’œil sur la concurrence et l’évolution technologique, or dans les projets de refonte des SI, le temps humain de l’appropriation, est aussi long que celui des idées ; d’où des conflits d’intérêt. Afin de réduire les risques, l’entreprise doit clarifier ses propres attentes, besoins et enjeux.

Vivement … Une gouvernance informatique

Le coût du système d’information qui intègre l’usage s’élève de 10 à 25% du total des dépenses de fonctionnement dans l’industrie, et plus de 50% dans le tertiaire, soit 10 fois plus que le budget informatique propre: une gouvernance informatique s’impose , au-delà de la performance de l’outil technique, les systèmes d’information doivent accroître la capacité de l’entreprise à créer de la valeur ajoutée.

F. Rowe : la dimension stratégique des SI

Frantz Rowe, grand spécialiste des SI, nous expose le processus d’implantation des systèmes d’information dans les entreprises ; il décortique les pratiques dont elles ont fait l’objet dans différents contextes. Si l’informatique n’est pas seulement un centre de coût, la maîtrise de la performance sur le marché, la contribution à la croissance en valeur sont plus complexes à atteindre .Explications :

L'informel des frontières

Entre l'enclave espagnole de Sebta (Ceuta) et le Maroc, il existe un gigantesque commerce légal et illégal. Chaque jour des milliers de kilogrammes de marchandises traversent à dos d’hommes, et souvent de femmes, la frontière qui sépare l’enclave de Sebta et le marché européen, de Fnideq. Pour Sebta, c’est une véritable manne financière, légale. Pour le Maroc, un trafic à grande échelle qui inonde le marché de l’informel...

Chaîne formelle, trame informelle

Entre Karim Tazi, l’industriel engagé et qui pense et Michel Péraldi, l’anthropologue qui a accumulé une large connaissance du terrain, l’échange sur les spécificités de l’informel dans le textile nous fait toucher du doigt les petits arrangements qui jalonnent la vie de tous les jours, font vivre plusieurs et se retournent contre d’autres.

Comment l’état bloque les coopératives?

Spécialiste des questions coopératives au BIT Genève, Emmanuel Kamdem analyse le secteur coopératif au Maroc. Il pense que l’ingérence de l’Etat est un facteur de blocage de celui-ci. En Afrique, dit-il, on a mal compris ce qu’étaient les GIE. On a amené aux pauvres sur le continent ce concept destiné à résoudre les problèmes des grands groupes par la mutualisation d’un certain nombre de choses !

La professionnalisation par le haut est elle pérenne?

Le projet arganier, aura été un véritable laboratoire pour structurer la filière et construire une démarche d’action de développement. En 2003, Elles étaient 27 coopératives généralistes et quelques acteurs privés à valoriser le produit à Casablanca, Meknès ou Séville. En 2010, elles étaient déjà 150 coopératives dans la filière. L’encadrement doit prendre la relève pour assurer la durabilité.

Les coopératives, a peine de quoi suivre

La majorité des coopératives sont des petites structures réparties entre l’agroalimentaire et l’artisanat. Formellement liées au cadre juridique (tenue des assemblées générales, élections …), elles le respectent .La gestion en leur sein relève de l’informel. La commercialisation est le principal problème. Aidées à leur création, à la production et la commercialisation, les coopératives sont peu autonomes.

Par delà le légal et l'illégal

L’économie informelle au Maroc constitue environ 14 % du PIB, avec un chiffre d’affaires de près de 280 milliards de DH. 77 % des unités informelles se retrouvent en zone urbaine, dont plus de 57 % exercent dans le commerce. Définie en général comme souterraine ou parallèle, elle englobe aussi l’économie criminelle et les trafics de produits illicites. L’informel au Maroc est encore plus complexe.

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