Interview avec Jean-Pierre Chauffour : Et si le Maroc donnait la priorité au capital immatériel...

​Jean-Pierre Chauffour a commencé son cheminement académique en tant que macroéconomiste au sein du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), basé à Paris. Il est l’auteur de l’ouvrage The Power of Freedom: Uniting Human Rights and Development (Cato Institute, 2009) et a également co-publié deux ouvrages : Preferential Trade Agreement Policies for Development: a Handbook (Banque mondiale, 2011) et Trade Finance during the Great Trade Collapse (Banque mondiale, 2011). Sa dernière publication sur les conséquences du Printemps arabe est intitulée De l’éveil politique à l’éveil économique dans le monde arabe : la voie de l’intégration économique (Banque mondiale, 2013). Ainsi, ses principaux centres d’intérêt concernent le développement économique, la gestion macroéconomique et les libertés économiques. Jean-Pierre Chauffour a été pendant une quinzaine d’années au FMI avant de rejoindre la Banque mondiale en 2007. Il est actuellement économiste principal pour le Maroc et coordonnateur des échanges régionaux pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) de cette Banque. Economia a eu recours à son expertise pour aborder le concept de capital immatériel au niveau macroéconomique, d’autant plus qu’outre les propres travaux de M. Chauffour à ce propos, la Banque mondiale a aussi abordé la notion de capital immatériel à travers une lecture de l’économie mondiale et s’intéresse aujourd’hui à l’examen du cas marocain à travers ses relations institutionnelles.
Ci-dessous les réponses.

Entretien avec Philippe De Meneval : Que préconise la Banque mondiale pour les entreprises ?

Philippe De Meneval est spécialiste senior en développement du secteur privé dans la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Banque mondiale. Il conseille les gouvernements en matière d’architecture et de mise en œuvre des programmes de réforme pour la modernisation des réglementations des entreprises, le développement des marchés financiers et la mise en place d’opérations de partenariat public-privé. La question du capital immatériel a des dimensions macroéconomiques de plus en plus mises en évidence par les économistes, mais ses déclinaisons au niveau de l’entreprise et de la pratique managériale le sont beaucoup moins. Pour avoir un éclairage sur cet aspect, l’équipe d’Economia s’est adressée à M. Philippe De Meneval, ci-dessous ses réponses.

Entretien avec khalid Baddou : ​Une marque Maroc existe-t-elle ?

Khalid Baddou constate qu’aujourd’hui la marque Maroc manque de cohérence ; pourtant, elle est une affaire de tous et doit être portée par tous les acteurs. Il explique qu’un travail de fond est à faire parce qu’il s’agit d’une nécessité stratégique non seulement pour faire éclore le label Maroc, mais également pour définir et valoriser le made in Morocco. Puis, il faut développer aussi des outils et des indicateurs de mesure pour le suivi de la marque Maroc. Selon le président de l’AMCC, l’intérêt et l’urgence sont là.

L’intelligence économique, versions état et entreprises

Le déploiement des services de renseignement à des fins économiques s’est accompagné d’un double engagement des États dans la protection du patrimoine économique et technologique des entreprises et dans les activités de lobbying accompagnant les entreprises à l’international. L’évolution vers l’actuelle forme de l’IE (intelligence économique) au sein des entreprises s’explique par leur volonté de prendre en compte un environnement de plus en plus « global » dans l’élaboration de leurs stratégies.

Big data et intelligence collaborative

Lorsqu’on parle de Big Data, on évoque dans un contexte de forte compétition une démarche managériale comprenant un processus décisionnel, un actif immatériel et des méthodes de création de valeur. Il s’agit aujourd’hui pour les entreprises de développer une intelligence collaborative qui va permettre aux différents collaborateurs de générer des richesses, partager les échecs et surtout développer une attitude d’influence collective.

L’organisation apprenante : chantier ouvert

Cet article donne un éclairage sur le concept de l’« organisation apprenante », modèle organisationnel dont la connaissance revêt une centralité dans le développement des compétences collectives. Sujet à des approfondissements théoriques et empiriques ultérieurs, ce papier met en avant les forces et faiblesses de cette approche.

Les entreprises face à la guerre des normes et de l’information

La pratique de l’intelligence économique repose sur la valeur ajoutée apportée aux données disponibles et s’oriente clairement vers l’action, elle est à la fois produit et processus. Elle se définit aussi comme l’ensemble des moyens systématiquement mis en œuvre pour l’acquisition, l’évaluation et la production de l’information exploitable pour l’action. Dans cette configuration, l’intérêt que représente l’influence est concomitant à la refonte des schémas de pouvoir. Les entreprises ont tout à gagner en s’ouvrant à l’influence.

Réseaux sociaux et médiation en entreprise

Les RS (réseaux sociaux) jouent un rôle de médiation pour prolonger l’expérience client au-delà du point de vente. Pourtant, beaucoup d’entreprises marocaines ont une politique stricte interdisant l’usage des RS par les employés, qui sont pourtant les porte-parole de l’entreprise. Elles gagneraient à concevoir les RS comme une nouvelle forme de lien social permettant à la fois d’améliorer la qualité de vie et la productivité des salariés. La vraie question aujourd’hui est plutôt de savoir comment intégrer les RS à la stratégie globale de l’entreprise pour la création de valeur pour l’ensemble des stakeholders.

Que communiquent les entreprises sur le capital immatèriel ?

Les rapports internationaux comme les recherches académiques et professionnelles s’accordent à dire que les principaux facteurs de création de valeur des entreprises sont invisibles. Les modèles comptables et de communication financière actuels semblent être déconnectés de la réalité économique des entreprises et ne permettent pas de rendre compte de leur richesse immatérielle : les connaissances, la mobilisation des collaborateurs, l’apprentissage, l’innovation, l’organisation, la fidélité des clients, etc. Ce papier se propose d’aborder les principaux enjeux et défis comptables, managériaux et communicationnels des actifs immatériels pour les entreprises.

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