L’économie, c’est beaucoup plus que des chiffres (2)

Quand on aime, on ne compte pas, affirmait il y a quelques années un slogan publicitaire vantant, je crois me souvenir, les qualités d’un fromage.

J’aurais envie de dire qu’en science économique c’est l’inverse : quand on aime on compte. Pour le dire plus sérieusement et sans métaphore, ce que l’économie compte et mesure n’est que la part de l’activité économique enregistrée, c’est à dire celle qui se conforme aux règles et cadres imposés par les institutions publiques et corporatistes.

Prédire ou décrire ?

Beaucoup d’analyste aujourd’hui critiquent les économistes pour leur incapacité à avoir prévu les crises, et plus encore la dernière. C’est à mon sens un faux problème et surtout une illusion d’optique. D’abord parce que l’économie, pas plus que les autres sciences, ne tire son utilité de ses capacités prédictives. Elle devrait  valoir d’abord pour ses capacités descriptives et heuristiques. Ceux qui devraient prévoir ne sont pas les économistes mais ceux que les économistes sont censés éclairer de leur lanterne.

France / Maroc, Au-delà des chiffres, les ramifications d’une relation profonde et complexe

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Pour l’essentiel, ce tac au tac pour pénétrer les arcanes de la relation France/Maroc à l’aune d’une sociologie des faits économiques résulte d’une lecture ramassée de mon ouvrage « Sociologie des délocalisations » récemment paru. Quel en était le propos directeur ? Il s’est agi de partir d’une hypothèse triviale, mais non moins centrale : la science économique, qui a enfanté les sciences de gestion, considérerait les délocalisations comme étant son « domaine réservé » laissant à la sociologie quelques miettes et brides insignifiants de cet objet présumé « monopolisé ».

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