Dialogues en Humanité : De quoi sommes-nous riches ?

Dialogues en Humanité : De quoi sommes-nous riches ?

Jeudi, 23. juillet 2015 - 17:45

Lieu : Rabat

Nous sommes aujourd´hui plus de 7 milliards d´humains sur cette terre, dont peu vivent et beaucoup survivent dans un monde dit moderne et riche et qui s´est tellement développé que nous avons l´amère impression qu´il entame la phase de déclin de son extraordinaire cycle de croissance. Exprimé ainsi, en termes économiques, ce constat perd toute sa gravité parce que cette fois-ci, il n´est aucunement question de phase de déclin ni de croissance ni de nulle autre chose mais plutôt du sort des humains, de toutes les autres espèces, de la terre, de la vie elle-même sans laquelle rien n´existerait.Aujourd´hui, l´hégémonie du paramètre économique et financier façonne le monde et conditionne notre perception de l´évolution, de la richesse, du bonheur et du futur pour nous garder prisonniers d´une vision purement matérialiste, d´une société de consommation régie par des politiques dont l´unique fin continue a être la croissance économique basée essentiellement sur la marchandisation des ressources naturelles, naturellement commune a tous les humains, sur la monétarisation des échanges et sur l´injuste redistribution des richesses.En effet, le Produit Intérieur Brut (PIB) et qui n´est autre que le volume total des biens et des services produits, chaque année, dans les secteurs marchands et non marchands, reste aujourd´hui l´ indicateur majeur de la richesse d´un pays. Son accroissement signifie une croissance positive, symbole de progrès. Cet indicateur est pourtant très souvent accompagné par d´autres, négatifs, tels que le taux de chômage, le taux d´inflation ou encore le taux d´alphabétisation mais il reste malgré tout l´indicateur clé du développement.Cependant, une croissance positive n´est qu´un chiffre final, purement quantitatif qui ne dit rien sur la nature qualitative des activités additionnées ni sur ce qui s´est réellement amélioré et encore moins sur le partage et la redistribution des valeurs ajoutées.Il parait alors opportun de rappeler que même le plus riche pays du monde nourrit en son sein, des maux sociaux, économiques et environnementaux de tout genre tels que la pauvreté, l´insécurité, l´injustice, la criminalité, la pollution, la raréfaction des ressources, le réchauffement climatique, l´inévitable pénurie d´eau et la liste est affreusement longue. Alors comment pouvons-nous continuer à nous proclamer riches en nous appauvrissant de nos éléments les plus vitaux.Depuis déjà plusieurs années, des contestataires économistes et d´autres humanistes luttent pour l´intégration de nouveaux indicateurs dits synthétiques, tels que l´indice de Développement Humain, le PIB vert ou encore l´indice du bien être soutenable pour contrebalancer l´économie lucrative globalisée au profit d´une économie durable qui serait, elle, basée sur l´utilité sociale et sur des valeurs humaines.Ceci dit, une reconsidération des richesses produites et détruites s´impose plus que jamais. Il est grand temps que nous regardions notre réalité en face et de nous avouer que la pauvreté, les guerres, les catastrophes naturelles et les inégalités qui empoisonnent de plus en plus notre monde ne sont pas le fruit du hasard et qu´il devient urgent d´instaurer une réelle démocratie économique et sociale où l´intérêt général prime sur l´intérêt individuel et ou le juste partage des richesses l´emporte sur le pouvoir de l´argent.Notre plus grande richesse est d´abord la vie que nous puisons insatiablement dans notre généreuse terre. Nous sommes aussi riches de notre ressemblance et de notre humanisme qui devraient dorénavant être les moteurs de toutes nos entreprises. Notre richesse est aussi notre intelligence, aveuglée par la dictature économique, qui devrait ressusciter pour nous rappeler que nous vivons tous d´abord pour être heureux. Et que pour être heureux, il ne faut pas avoir plus qu´il n´en faut.Finalement, on peut se demander ce qu’il faut faire pour sauver ce qui peut encore l´être. Que faut-il faire pour doter les nouvelles institutions du pouvoir nécessaire à ce changement urgent ? Comment faire pour changer les perceptions ? Pour faire de l´éducation et de la philosophie du partage des leviers de développement ? Comment faire pour quitter un univers où ce qui n'a pas de prix n'a pas réellement de valeur pour rentrer dans celui ou ce qui a vraiment de la valeur n'a pas de prix ?Pour y répondre et entamer le partage autour de cette question centrale, la parole sera donnée á :M. Stéphane HESSEL - Diplomate, écrivain et militant politique françaisM. Patrick VIVERET - Philosophe et essayiste altermondialisteMme. Débora NUNES – Professeur à l’Université Salvador de Bahia, BrésilMme Aicha BELARBI - Sociologue, enseignante universitaire et auteurM. Driss KHROUZ - Professeur universitaire et Directeur de la BNRMModération:Mme. Geneviève ANCEL - Co-fondatrice des Dialogues en Humanité et Chargée de l’accompagnement au changement au Grand Lyon"L'économie ne mesure pas les vraies richesses, elle comptabilise nos pertes d'humanité." Jean-Claude Besson-Girard


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