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Quelle place pour le Maroc dans un nouvel ordre atlantique ?

Au vu de l’émergence des BRIC’s, de l’accélération de l’accord de libre-échange USA-EU (TTIP : Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), de l’engouement massif pour le continent africain, du développement des échanges Sud-Sud, et des nouvelles articulations que supposent ces données relativement récentes, nous nous interrogeons sur la place du Maroc dans cet espace atlantique en mutation, et s’il en venait à considérer l’ancrage atlantique comme une option viable. Car si le Maroc dispose d’une large façade atlantique et a connu à travers son histoire des expériences plus ou moins durables, il n’en demeure pas moins balloté entre ses défis internes et ses enjeux stratégiques à l’international, notamment avec l’Europe, premier partenaire commercial et premier investisseur. Encore une fois, si les échecs d’intégration régionale au niveau maghrébin et les timides poussées d’une Union pour la Méditerranée tentant de se réinventer, si les événements connus en Lybie, en Égypte et au Moyen-Orient constituent plus une source de problèmes pour le Maroc qu’un océan d’opportunités, aussi vaste soit-il, n’est-il pas légitime de s’interroger sur un nouvel ancrage, porté par le maillage de nouveaux liens, surtout dans un espace où les conflits militaires et terroristes sont moindres comparés à d’autres régions du monde. De manière évidente, les problèmes sécuritaires ne peuvent en aucun cas être occultés. Bien au contraire, la réflexion sur cette dimension protéiforme s’enracine dans tous les papiers du dossier et en constitue un enjeu majeur. Et là, le Maroc semble avoir un rôle à jouer, un rôle de pivot, de zone tampon, de partenaire. Comme l’internationalisation marocaine en Afrique de l’Ouest et subsaharienne ne serait-elle pas une étape dans son histoire et dans son développement atlantique ? L’analyse croisée de la question du hub régional et des deux lectures sur la présence marocaine en Afrique est éclairante à souhait, comme l’approche géomaritime pourrait l’être dans une perspective de meilleur positionnement du Maroc dans les stratégies atlantiques.

 

La genèse et la construction de ce numéro d’Economia est également le fruit de collaborations internationales et nationales issues du projet «Atlantic Future»[1]. C’est à cet effet que l’OCP Policy Center, acteur phare dans la mise en réseau atlantique des forces vives académiques et d’affaires, fournit à ce dossier, au même titre que le Haut-Commissariat au Plan, des analyses et des visions perspicaces. Il en va de même des quatre experts de renommée internationale et contributeurs dans «Atlantic Future», qui ouvrent le bal en jetant des regards différenciés et néanmoins constructifs sur les problématiques liées à l’espace atlantique   

 

 

Coordination scientifique : Hammad Sqalli

Conseil scientifique : Alfredo Valladao

Coordination éditoriale : Bachir Znagui

 

1. Projet de recherche initié par la Commission européenne et coordonné par le CIDOB (2013-2015). Ce programme inclut quatorze partenaires académiques internationaux dont le Cesem, centre de recherche de HEM, et a pour vocation une meilleure compréhension des dimensions géoéconomiques, géopolitiques et économiques.

 

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