OCDE : cap 2060 pour l’économie globale

OCDE : cap 2060 pour l’économie globale

Auteur : OCDE

Comment évoluera l’économie mondiale dans les 50 ans à venir ? C’est ce à quoi ont tenté de répondre neuf experts de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport intitulé Horizon 2060 : perspectives de croissance économique globale à long terme, publié en novembre 2012.

Scenario de référence « mou » versus scenarii radicaux

Cette étude commence par envisager un scenario dit « de référence » pour les pays membres de l’OCDE et les pays du G20 non-membres de l’OCDE.  Projection macroéconomique, ce scenario prend en compte « l’interaction entre progrès technique, transformations démographiques, ajustement budgétaire, déséquilibres globaux et politiques structurelles ». Il part du principe de la convergence à long terme de tous les pays malgré la subsistance à terme d’écarts en matière de niveaux de vie.

Ce scenario, qui consiste en la poursuite de ce qui se fait actuellement, est  ensuite comparé à d’autres scenarii « fondés sur des politiques publiques plus ambitieuses ».

Croissance : des prévisions optimistes et des écarts persistants

En matière de croissance, les prévisions de l’OCDE pour les cinquante années à venir sont assez optimistes. La crise financière actuelle est présentée comme un phénomène cyclique dont les effets ne tarderont pas à disparaître et la croissance globale progressera de 3 % par an en moyenne.  Selon les experts, les véritables moteurs de la croissance seront l’amélioration des niveaux d’éducation des populations et des réglementations favorisant l’ouverture et la concurrence des marchés.

Malgré  la convergence des PIB par habitant, le rapport constate la persistance d’écarts de niveau de vie  entre les pays à l’horizon 2060, expliqués par les écarts de productivité et de qualification de la main d’œuvre. Le niveau de vie des habitants des pays les plus pauvres aura toutefois quadruplé alors qu’il aura doublé dans les pays les plus riches.

Les véritables alliés de la croissance s’avèrent sans surprise être les pays émergents. A leur tête la Chine, l’Inde et plus tardivement l’Indonésie. Contributeurs majoritaires au PIB global, ces pays devraient vite supplanter les principales puissances actuelles. La Chine contribuera à près du tiers du PIB global contre 17 % aujourd’hui. Toutefois le rapport note qu’à partir de 2020, le poids des tendances démographiques commencera à se faire sentir sur l’économie chinoise.

La démographie : principale inquiétude

D’une manière générale, les experts alertent sur l’influence du vieillissement des populations sur le taux d’activité global, mais également sur son incidence à terme sur le taux d’épargne et les déséquilibres des comptes courants. Les migrations, même si elles sont soutenues, ne permettront pas d’en absorber les conséquences.

Dans les scenarii alternatifs au scenario de référence, les auteurs du rapport proposent des mesures structurelles permettant d’accompagner la croissance et de réduire les déséquilibres globaux qui se seront accentués. Il s’agit d’abord d’accélérer la convergence en termes de capital humain et de productivité, en approfondissant les réformes du marché du travail, notamment en matière de retraite, et la libéralisation des marchés de produits. En combinant mesures d’assainissement budgétaire et réformes structurelles, le rapport prévoit une augmentation du PIB de 16 % en 2060 par rapport au scenario de référence.

Par : Hind Aissaoui Bennani

Version intégrale du Rapport

 

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