Lorsque l’économie deviendra collaborative

Lorsque l’économie deviendra collaborative

Auteur : Jeremy Rifkin

Wall Street s’effondre, les énergies fossiles s’épuisent, l’économie mondiale s’écroule… Allons-nous tout droit vers la catastrophe ?

Absolument pas si on veut bien écouter un économiste visionnaire qui s’appelle Jeremy Rifkin.

Il est grand temps, selon Jeremy Rifkin, économiste, Professeur à la Wharton school de Pennsylvanie, Conseiller des chefs d’Etat et de gouvernements, de passer à… la troisième révolution industrielle ! L’ère post carbone rend son dernier souffle, et toute l’industrie et les infrastructures qui vont avec vont disparaître. Les entreprises de la deuxième ère industrielle ont suivi le modèle centralisé et élitiste des énergies fossiles et c’est justement ce qui menace, également leur survie.

L’auteur de dix-huit best sellers, nous propose un livre optimiste tout en partant d’un bilan totalement catastrophique : Le chômage qui augmente dans le monde entier, les Etats, les entreprises et les individus surendettés et un système économique à perte de vitesse. Mais quelles solutions peut-on apporter dans un tel désastre ?

«Au cours de mes investigations, explique l’auteur, j’ai fini par  comprendre que les grandes révolutions économiques de l’histoire se produisent quand de nouvelles technologies des communications convergent avec des nouveaux systèmes d’énergie ». L’idée centrale de ce livre est que nous allons tous pouvoir produire de l’énergie verte, à partir de notre maison, de notre bureau et les partager à grande échelle sur un « Internet de l’énergie » exactement comme «nous créons et partageons aujourd’hui l’information en ligne » ! L’auteur annonce la venue d’une ère nouvelle : L’ère coopérative qui va remplacer l’ère industrielle que nous vivons. 

Ce nouveau système s’appuie sur les énergies renouvelables et se nourrit des éléments de la nature : « le soleil, le vent, l’hydro énergie, la chaleur géothermique, les vagues et les marées des océans ». Rifkin va encore plus loin et propose de stocker ces énergies en développant la technologie de l’hydrogène.

L’ère coopérative qui va chambouler nos vies devrait arriver à son point culminant en 2050. Nous dirons alors adieu à l’autorité hiérarchique, au diktat du capital financier, à la discipline et au travail acharné… Cela paraît impensable ! Mais l’ère coopérative « privilégie le jeu créatif, l’interactivité pair à pair, la capital social, la participation à des communaux ouverts et l’accès à des réseaux mondiaux ». Ainsi nous vivrons un temps où la technologie intelligente impactera l’économie mondiale.  Cela s’accompagnera dans un premier temps de perte massive d’emplois annonçant la fin du salariat de masse. « Le XXIème siècle sera celui des petites équipes ultraspécialisées et ultracompétentes qui  programment et surveillent des systèmes technologiques intelligents ».  

Il faudra donc d’ores et déjà se préparer à cette nouvelle économie , l’Allemagne en est déjà pionnière !

 

Une nouvelle ère d’emploi

Dans le monde du travail que nous connaissons aujourd’hui nous sommes assujettis à quatre sources génératrices d’emploi : Le marché, L’Etat, l’économie informelle et la société civile. (Par société civile il faut entendre : les associations à but non lucratif, les ONG…)

La nouvelle révolution industrielle va induire des sabrages dans les emplois comme cela s’est passé lorsque l’homme est passé du travail agricole au travail industriel. « La société civile va probablement  devenir une source d’emplois aussi importante que le marché au milieu du siècle. Pour une raison évidente : le capital social se crée par l’interactivité humaine, tandis que le capital du marché se créera de plus en plus par la technologie intelligente ».  

Cela paraît démentiel et pourtant pour peu que l’on se penche sur les chiffres nous décèlerons déjà les prémices de cette prophétie. Selon une étude menée en 2010* et qui concerne huit pays (Etats-Unis, France, Canada, Japon, Australie, République tchèque, Belgique, Nouvelle Zélande), on découvre une chose absolument bouleversante : La société civile ou le tiers secteur  représente en moyenne 5% du PIB. « Cela signifie qu’aujourd’hui, dans ces pays, le secteur à but non lucratif contribue davantage au PIB que les compagnies d’électricité, du gaz et de l’eau ! Qu’on le croit ou non, il contribue autant que le bâtiment (5,1%) et presque autant que les banques, compagnies d’assurances et services financiers (5,6%) ».

Des chiffres surprenants, qui nous invitent à considérer autrement ces emplois.

S’affranchir du pouvoir hiérarchique pour un système latéral et collaboratif est déjà en route. Les exemples se multiplient dans le monde. Nous vivons des initiatives aux quatre coins de la planète qui convergent grâce à la puissance Internet. Ce qui permet des partages à très grande échelle. C’est le cas de Wikipédia et  la communauté Linux pour ne citer que ceux là. Le système mis en place par Linux « se compose de milliers de programmateurs qui, en coopérant entre eux, consacrent leurs temps et leurs compétences à corriger et améliorer le code logiciel utilisé par des millions de personnes. Toutes les modifications, mises à jour et améliorations qu’ils apportent au code sont dans le domaine public, mises gratuitement à disposition de tous les participants au réseau Linux ».  Cette riche initiative a d’ailleurs attiré de nombreuses autres entreprises mondiales tels les géants Google, IBM et bien d’autres encore.

L’ère post Carbone  est bel et bien derrière nous. Nous allons produire tout ce dont nous aurons besoin à la maison !  L’imprimante 3D arrive à grands pas. Elle nous permettra de  créer chez nous, tous les objets dont nous avons besoin au lieu d’aller les acheter.  Non, ce n’est absolument pas de la science fiction mais la réalité de demain.

En tout cas, un livre passionnant, foisonnant d’idées dont il est difficile de rendre compte !

 

* Etude menée par le Johns Hopkins Center for civil Society Studies.

La troisième révolution industrielle.

Jeremy Rifkin.

Les liens qui libèrent / 413 pages. 280 DH

 

Par : Amira-Géhanne Khalfallah

 

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