La vie, pas la dette

La vie, pas la dette

Auteur : Damien Millet, Eric Toussaint

La dette ? «Un mécanisme très subtil de domination des peuples» par les grandes puissances et les entreprises transnationales, une atteinte à la souveraineté des Etats, clame le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde (CADTM). Dans un tour d’horizon très détaillé des Etats européens nouvellement touchés par l’ampleur de ce phénomène bien connu depuis trente ans par les pays en développement, il en démonte les mécanismes économiques et politiques : responsabilité des banques privées, spéculation, privatisation des profits et socialisation des pertes, confusion entretenue entre dette extérieure publique et privée… Partout les mêmes atteintes aux droits sociaux, économiques et culturels des peuples. Le CADTM fustige la responsabilité des banquiers, des fonds de pension et du FMI qui, malgré son discrédit lié à sa politique dans le Sud, reprend, sous le couvert d’un discours fallacieusement présenté comme nouveau, les mêmes politiques. Pour le collectif d’économistes, la dette est le résultat des doctrines néolibérales, et non la cause. Développant la notion de «dette odieuse», donc illégitime, il donne l’exemple du Sud, qui, à l’instar de l’Equateur, a imposé un audit intégral de sa dette sous contrôle citoyen et a encadré dans sa Constitution la possibilité pour l’Etat de contracter des emprunts. Il réaffirme la supériorité de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et, s’appuyant sur le droit international public, énumère les motifs pour suspendre le paiement des dettes publiques. Contre les politiques d’austérité qui pèsent sur les plus pauvres et épargnent les plus riches, il invite à repenser les choix de société et de politique, dans le sens de la solidarité. Rappel salutaire…

 

Kenza Sefrioui


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