Entretien avec Olivien Mongin : Une urbanisation en mal d’urbanité ?

Entretien avec Olivien Mongin : Une urbanisation en mal d’urbanité ?

Quelles sont les principales interrogations que vous retenez pour analyser, évaluer et reformuler les concepts d’urbain, d’espace public ou privé, de ville ou des villes ?

Pourquoi reformuler aujourd’hui les concepts d’urbain, d’espace public ou privé et de ville ? Cette question permet de souligner les ruptures contemporaines qui en sont le nœud et le point de départ. La mondialisation contemporaine est une notion passe-partout qui mérite que l’on s’y attarde. Tout d’abord, l’approche strictement économique de la mondialisation contemporaine (la troisième sur le plan historique après les grandes découvertes et la Révolution industrielle) occulte deux phénomènes essentiels, à savoir la révolution technologique qui réorganise les rapports entre le global et le local, et la vitesse de l’urbanisation (un seul chiffre au passage : il y avait 70 villes de plus de 5 millions d’habitants en 2000, il y en aura 450 en 2050) qui est indissociable des mouvements migratoires hétérogènes (migrations économiques, réfugiés climatiques, réfugiés politiques…). Du fait de toute la panoplie technologique d’Internet, les distances sautent − espace et temps sont franchis virtuellement − et, du fait de l’urbanisation, le concept de ville entendu comme un espace d’agglomération et d’intégration est remis en cause. L’historienne de l’urbanisme Françoise Choay parle d’un monde de « l’après-ville », ce qui revient à observer la disjonction entre l’urbanisation mondialisée en cours et l’urbanité, ce qu’on appelait les valeurs urbaines quand s’est propagée la grande vague de l’urbanisme industriel au XIXe siècle (le traité d’urbanisme de Cerda date de 1867). De tout cela, il ressort que la mondialisation contemporaine la plus visible va de pair avec l’urbanisation, dont les conséquences sur le plan économique ne sont pas secondaires, et qu’il est essentiel d’insister sur trois tendances lourdes, sans quoi on se contente de formuler des souhaits qui ne se soucient guère de la réalité lourde.

Première tendance : les flux globalisés sont plus forts que les lieux, ils les pressent. On n’est plus dans la situation où des ports hanséatiques, Venise ou Gênes, organisaient et maîtrisaient les flux. Ils en sont devenus dépendants et doivent y trouver leur place. Il n’y a plus de « réseaux de villes », les villes et les ports sont « en réseau », le réticulaire a pris le dessus, les flux de tous ordres, physiques et non physiques, l’emportent sur les lieux. Il ne faut pas en conclure que les lieux (ce qu’on appelait villes hier) se dissolvent car ils se recomposent. Sur ce plan, la reformulation des concepts invite à saisir la reconfiguration des lieux, ce qui revient à ne pas sacraliser un modèle unique d’espace urbain mais à constater la diversité des scénarios possibles. La mise en relation de Rabat-ville et de Salé, de même que la création de Tanger Med mérite de ce point de vue l’attention.

La deuxième tendance lourde, indissociable des mutations contemporaines, est la privatisation qui intervient dans tous les domaines (contractualisation, individualisation sur le plan des mœurs, recul de l’État et de l’action publique sur le plan économique). Alors même que les politiques publiques le remettent en avant, les mouvements des places et d’occupation des espaces publics s’instituent contre toutes les formes de pouvoir. On comprend alors que la notion d’espace public, devenue trompeuse, voire contradictoire, est à repenser et à reprendre de manière rigoureuse et précise en raison de la diversité des situations.

Une troisième tendance – qui ne surprendra pas – est celle d’aller à l’entre-soi (clubbisation, résidentialisation1, sécurisation…) qui ne va pas dans le sens de la mixité, de la solidarité et d’une citoyenneté partagée propre à l’utopie urbaine que nous avons encore en tête.

De ces trois tendances lourdes (prévalence des flux, privatisation, émiettement), il ne faut pas conclure à un fatalisme urbain. Bien au contraire, il faut s’efforcer d’aller contre, d’aller à contre-courant. Certes, l’état du monde urbain n’est guère brillant et rassurant pour le voyageur qui constate les dégâts d’une urbanisation souvent incontrôlable ; un détour par le Pakistan (un million de personnes déplacées en interne et un million de migrants externes) est instructif : comme la plupart des villes d’Asie du Sud-Est ou du Sud-Ouest, une ville comme Lahore doit accueillir la dernière génération des ruraux contraints à l’exode rural, ce qui signifie que cette ville de six millions d’habitants a doublé en moins de dix ans alors même qu’aucun projet urbain n’est mis en chantier dans l’immédiat. Alors que la COP22 se réunit à Marrakech au nom du respect de l’environnement, il est urgent que les méfaits de l’urbanisation soient pris en considération et mis en cause. Rappelons-le : l’urbanisation généralisée dont on parle aujourd’hui ne renvoie pas qu’aux espaces densifiés qui attirent les populations rurales, elle affecte tous les territoires à l’échelle mondiale, d’où les problèmes de la déforestation (Brésil, Afrique subsaharienne) et de la désertification (Sahel).

Vous abordez les villes de notre époque par rapport à des paramètres comme le foncier, les villagisations de l’urbain, l’émiettement des périphéries, la loi des ronds-points, la revanche de l’imaginaire… Quel sens donnez-vous à ces paramètres ?

Je viens d’évoquer un certain nombre de ces phénomènes (Lahore est un exemple de villagisation de l’urbain), les mettant en avant afin d’expliciter les ruptures contemporaines. Encore faut-il distinguer, dans le cas de l’urbanisation, trois registres qui subissent bien entendu des perturbations. En effet, la question urbaine ne peut être abordée sur le même plan en ce qui concerne l’urbanisme, l’imaginaire et la gouvernementalité. Comprendre cela permet de mieux saisir le décalage croissant entre l’urbanisation et l’urbanité. Trois registres donc. Tout d’abord, l’urbanisme qui n’est pas une invention strictement occidentale (voir Sinan dans le monde ottoman, Ibn Khaldun…), même si on a tendance à le rapporter à l’urbanisme industriel européen – de Haussmann ou Cerda – dont l’urbanisme colonial, version Henri Prost à Casablanca, est la trace si l’on suit le boulevard reliant les deux gares de Casa-Port et de Casa Voyageurs.

Mais, aujourd’hui, la question est de s’accorder à un urbanisme réticulaire (car globalisé par les technologies) qui met les villes en réseau au risque de perdre le lien avec l’environnement proche (celui qui revient à travers l’urbanisme vert et le développement durable). De fait, ce qui se passe dans l’univers virtuel se passe aussi dans le réseau le plus physique, celui du béton et de la brique : dans les deux cas sont mises en avant la « connexion » et, en conséquence, la nécessité de l’accès (la connexion exige d’y avoir accès, que ce soit un ordinateur ou un aéroport). La réflexion sur la ville globalisée en réseau a été initiée dès 1985 par Saskia Sassen, une sociologue proche d’Hillary Clinton à l’époque, dans son livre titré La ville globale, à savoir Londres, Tokyo, New York. On se souvient de l’enjeu : ces villes sont-elles condamnées à la dualisation et à la dissolution de leur contexte ? (La connectivité généralisée dévalue la proximité spatiale). Mais, les villes globalisées sont multiples : Londres ou Tokyo, des villes qui ont une longue histoire, ne sont pas comparables avec Singapour ou Dubaï.

Deuxième registre : celui de l’imaginaire. L’anthropologue Claude Lévi-Strauss aimait dire que la ville est «  à la fois objet de nature et sujet de culture ; individu et groupe ; vécue et rêvée : la chose humaine par excellence ». Il ne le dirait plus trop aujourd’hui. En effet, l’imaginaire urbain est de moins en moins porté et figuré par ses habitants, par ceux qui en écrivent l’histoire en y marchant avec leurs jambes, il est de plus en plus l’affaire d’agences de communication qui ont recours à des images et à des artistes pour créer des événements et inventer un imaginaire qui n’est pas celui des résidents mais s’accorde avec des publics clientélisés (hommes d’affaires, touristes). Cela donne des débats actuels sur la ville créative, chère à Richard Florida. C’est d’ailleurs sur le plan de l’imaginaire urbain que la menace d’un scénario urbain mondialisé unique est la plus inquiétante. Là encore, le risque est la perte du contexte, en cela que les habitants n’ont plus grand chose à dire. Ne reste plus alors, en évitant les récupérations touristiques, qu’à valoriser les carnavals, les fêtes populaires, les rituels… Le risque est celui d’ériger une ville vitrine comme on le voit à Shanghai, qui se regarde en miroir comme un Manhattan chinois. Qu’en sera-t-il de la ville marocaine où, à Meknès ou Fès, les médinas conservent une force singulière ?

Troisième registre : celui de la politique et du gouvernement. Une agglomération urbaine, ce sont des formes de gouvernance qui, bien entendu, sont plus ou moins démocratiques, la question étant de savoir, en tout cas dans la tradition étatique française, si la ville est un petit État pyramidal ou une Cité apte à la délibération. Là encore, les cas de figures sont nombreux : à côté de Medellin en Colombie qui est une ville très autonome dans un pays où l’État est faible, on observe des villes qui demeurent des satellites de l’État.

Prendre en compte ces trois registres, c’est se donner la possibilité d’aller à contre-courant des trois tendances lourdes évoquées précédemment.

Dans le contexte de l’urbanisation globalisée telle que vous la définissez, vous insistez sur la diversité et l’hétérogénéité de cette évolution mondiale, mais qu’en est-il des flux des richesses dans ce contexte ? De la notion d’entreprise dans le contexte de la ville globalisée ? Des relations de travail ? De la communauté, de l’art et de la culture, de l’espace public… ?

À juste titre, vous me ramenez aux impératifs économiques qui sont au cœur du développement urbain et des migrations. Faut-il rappeler que la crise économique mondiale dite des « subprimes » en 2008 est liée à une crise des crédits immobiliers alors que la question de l’accès au logement est partout prioritaire ? Si l’urbanisation se reconfigure, elle peut se contenter uniquement de valoriser les connexions et les grandes routes maritimes (près de 90% du fret mondial passe par la voie maritime). Sur ce plan, tout en s’accordant à la critique de la théorie du ruissellement des richesses, il faut s’arrêter sur la particularité du moment qui est le nôtre. Aujourd’hui, des économistes suggèrent de distinguer entre les emplois exposés à la concurrence internationale et les emplois abrités. « Dans chaque pays désormais existent deux économies : la première fait partie de l’économie globale et produit des biens et services qui circulent internationalement. La seconde est sédentaire et elle satisfait une demande exclusivement domestique, voire très locale. »2 Il y a là une piste intéressante qui permet de comprendre que l’emploi mondialisé qui subit la concurrence (à commencer par l’emploi industriel) n’est pas la seule issue et qu’il est urgent, dans un contexte de réappropriation de l’environnement et du local, d’imaginer des emplois localisés liés à une production qui les « abrite », et cela en vue de rester compétitifs. Cela vaut aussi bien pour le Maroc que pour la France. Si on parle d’après-ville, c’est qu’il faut réinventer la campagne et la ruralité dans le cas de figure évoqué de l’urbanisation généralisée. À côté des économistes qui se gargarisent de l’innovation, il est urgent de valoriser ceux qui réinventent une économie locale qui n’est pas nécessairement une économie de la décroissance. Pour certains, c’est une alternative à l’économie globalisée et donc exposée ; pour moi, c’est une reconquête du contexte.

Vous soulignez également le rôle des cultures et des communautés : alors même que l’imaginaire habitant est dévalorisé à l’échelle de la ville globalisée, il resurgit paradoxalement avec intensité dans l’univers urbain de l’informalité. Loin de croire qu’il n’y a que du privé ou du public, du contrat ou de la loi, il est essentiel de comprendre l’informalité d’une double manière. Tout d’abord, elle est un possible moteur d’intégration, ce que souligne Doug Saunders à propos des quartiers-tremplin dans Du Village à la ville (Seuil), un auteur canadien qui prend des exemples dans le monde entier. Ensuite, le secteur informel est un acteur économique à part entière. C’est ici que le débat sur les besoins est primordial : en Haïti, alors que les tempêtes n’ont cessé de faire des ravages en cette fin d’automne 2016, les habitants du Nord de l’île refusent la charité spontanée et attendent qu’on les aide à assumer une action possible, afin de sortir de la grande pauvreté ou de la déchéance. On voit bien l’économie urbaine, certes différemment, par le haut et par le bas.

La notion de territorialité est fréquemment évoquée dans vos travaux et, d’après vous, la condition urbaine généralisée est à l’origine d’un système urbain mondialisé privilégiant les réseaux et les flux, contribuant ainsi à distinguer les lieux entre eux à travers une reconfiguration territoriale. Pourriez-vous nous en décrire les caractéristiques ?

Je ne partage pas bien entendu l’hypothèse d’un scénario unique. Je distingue dans « la ville des flux » huit scénarios que je ne peux résumer ici. M’intéresse essentiellement le fait qu’on observe des scénarios d’illimitation et des scénarios de limite/fermeture. D’un côté, on assiste à des urbanisations mal contrôlables, de Johannesburg à São Paulo ou au Caire et, de l’autre, on observe l’émergence rapide de villes insulaires, de petites Cités-États, dont la double tendance est le repli/fermeture et l’articulation avec les autres Cités-États. C’est le modèle de Singapour qui fascine les Chinois comme les Européens : on imagine des petits Singapour ou des Dubaï un peu partout. Une agence promet même, de manière utopique, un Dubaï sur le Nil au Caire, et il n’est pas sûr que la marina et le centre nautique qui relie Rabat et Salé ne cèdent pas un peu à ces tendances propres à la ville vitrine mondialisée. À distance de ces deux scénarios, j’en appelle, avec beaucoup d’autres, à une ville qui ne soit pas hors réseau mais qui se développe en fonction de son contexte historique et géographique. Un historien de l’urbanisme, André Corboz disait que la ville contemporaine doit être à la fois un hypertexte et un palimpseste, c’est-à-dire que la mise en réseau globalisé doit aller de pair avec une contextualisation. Pas d’élargissement sans approfondissement. Pas d’extension spatiale et de connexion sans approfondissement historique et géographique. Tout le déploiement récent d’une réflexion sur la métropolisation ne va pas dans ce sens.

Dans une ville qui devient un espace sans limite, profondément inégalitaire, que devient le citoyen ?

Cette question vaut pour la ville accordée au réseau comme pour celle qui ne l’est pas. Si l’on tient compte des tendances lourdes, il ne faut pas se méprendre : la ville globalisée a besoin de stabilité et de sécurité, elle se passe fort bien de la citoyenneté, la démocratie n’est pas sa priorité. Il est étrange de voir des économistes qualifiés de progressistes vanter le modèle de Singapour dont le slogan est « global, vert, connecté », voire social, car les droits sociaux des employés sont de plus en plus pris en considération. Mais la démocratie est hors-jeu. Un parti unique est au pouvoir depuis des décennies et les conditions d’accès à la nationalité et à la citoyenneté sont drastiques. Quant aux gens de la marge et de l’informel, ils recréent « hors la ville » des formes de mobilité qui passent nécessairement par des inventions citoyennes par le bas. C’est le paradoxe, la citoyenneté urbaine se réinvente mais à la marge. Le modèle singapourien, en écho au modèle continental de la Chine, confirme que le marché n’est pas libéral sur le plan politique ; pouvoir fort et marché sont le lot du développement urbain.

Vous portez un intérêt particulier aux places des contestations populaires : Attahrir au Caire, Taksim à Istanbul… Il s’agit finalement de moments éphémères qui habitent plus la mémoire que l’espace spécifique. Y a-t-il encore des lieux de citoyenneté dans les villes contemporaines ?

On a assisté depuis 2011 à ces moments historiques dont le mouvement des places est le symbole et la place Tahrir le commencement. Certes, ces mouvements sont éphémères, mais ils rappellent le sens de la délibération démocratique qui consiste d’abord à se désassujettir de toutes les formes de pouvoir, celui de l’État comme celui de la religion. Par ailleurs, le mouvement des places s’inscrit dans une généalogie, celle des mouvements antitotalitaires du XXe siècle, marqué par la Charte 77 à Prague et la Charte 08 en Chine et, aujourd’hui, par l’impressionnant mouvement des parapluies à Hong Kong. Celui-ci, qui est passé des réseaux sociaux virtuels à la rue, est un contre-exemple puisque les animateurs du mouvement ont opéré un passage au politique et se sont présentés aux élections. Comme quoi, il peut y avoir un lien entre ces mouvements réactifs au pouvoir et le passage au politique. Mais la tendance est au déphasage entre la représentation politique et les mouvements urbains. Nuit debout, en France, est un mouvement qui a été créé  Place de la République mais n’est pas parvenu à créer le langage adéquat pouvant le rapprocher des autres mouvements à caractère politique ; c’est comme s’il y avait une aphasie. Désir de prise de parole sans langage commun. Le mot « place » trouve là tout son sens : avoir une place dans notre monde, c’est trouver sa place et se retrouver sur une place. Tout cela est très urbain. Cela fait écho à ce qui se passe à Al Hoceima en ce début novembre 2016.

Refaire la ville, diriez-vous, c’est constituer des espaces citoyens. La mise en place de nouveaux lieux territorialisés de la citoyenneté pourrait-elle sauver la ville ?

C’est tout le paradoxe de cette urbanisation contemporaine prise en défaut d’urbanité. C’est une urbanisation en mal de démocratie, il n’en reste pas moins qu’une invention démocratique se développe dans des conditions et situations urbaines fort contrastées. Rappelons au final qu’à l’heure où des villes sont détruites en Irak ou en Syrie, l’idée de ville-refuge − une vieille idée biblique née au Proche-Orient − rappelle que la ville est un havre de paix et de justice où même le criminel « involontaire » peut être jugé sans être victime de la vengeance ; c’est pourquoi elle doit offrir, comme le dit Hannah Arendt, hospitalité et sécurité à l’exilé. L’urbanité est un mode de pacification de la violence, l’urbanisation contemporaine cherche à se protéger de la violence en l’éradiquant ou en la ghettoïsant, tel est le malentendu

 

Notes

1.     La résidentialisation est un type d’opération de rénovation urbaine, apparue en France au début des années 1990. Elle est généralement vue comme une amélioration du cadre de vie des quartiers d’habitat social.

2.     Giraud, P.-N. et Procrain, P (2016, septembre) Les emplois exposés et abrités en France. Dans Les Synthèses de la Fabrique, n°9.

 

 

Biographie :

Olivier MONGIN

Éditeur, directeur de publication des revues Tous Urbains et Esprit, vice-président du syndicat de la presse culturelle et scientifique.

Sur la thématique urbaine abordée ici, voir : 

·         (1995). Vers la troisième ville ? (Préface de C. de Portzamparc). Paris : Hachette. 

·         (2007). La condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation. Paris : Points Poche Seuil.

  • (2013). La Ville des flux. L’envers et l’endroit de la mondialisation urbaine. Paris : Fayard.

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