Smala & Co, crowdfunding en darija (1/2)

Il y a quelques mois, j’évoquais dans ce blog, le réel engouement que suscitent les plateformes de crowdfunding, en regrettant que ce type de financement n’existe pas encore au Maroc…

Arnaud Pinier a comblé ce vide, et a lancé il y a 2 mois la première plateforme de crowdfunding au Maroc. Son nom Smala & co (www.smalaandco.com ou sur Facebook Smala and co). Ce projet constitue la première pierre d’un écosystème d’entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire que souhaite créer les fondateurs. Pourtant, Smala & Co ne se limite pas à des projets écologiques ou solidaires, les fondateurs s’intéressent aussi aux projets culturels, artistiques ou numériques et souhaite surtout développer ce marché encore balbutiant.

Mais, si le marché du Royaume est encore en friche, c’est que le challenge est d’envergure. En effet, la loi, qui autorise l’appel public aux dons, exige que si l’appel est national (ce qui est le cas avec une plateforme web), le projet soit approuvé par le secrétariat général du gouvernement. Cette solution semble difficilement envisageable pour les projets auxquels s’adressent Smala&Co et qui pour certains ne dépasseront pas quelques milliers de dirhams. Les fondateurs ont donc du faire des choix stratégiques. La plateforme elle-même est créée en France, et les fonds devront du coup être déposés en euros, mais en contrepartie, le projet s'inscrit dans le cadre légal français, déjà relativement abouti et qui permet une véritable transparence des transactions, tant pour les porteurs de projet que pour les apporteurs de fonds. Au Maroc, la structure Happy Smala est créée pour assurer le middle et le back office de l’activité, et en particulier la sélection et l’accompagnement des projets.

Mais qui va pouvoir participer ?

« Notre projet doit créer du lien entre les Marocains d’ici et d’ailleurs» explique Arnaud. Pour ceux qui résident à l’étranger c’est simple il suffit d’un compte Paypal ou d’une carte de crédit classique pour participer. Pour les résidents marocains, le lancement des cartes électroniques[1] il y a maintenant deux ans, leur permet de participer à la plateforme dans la limite de la dotation annuelle de devises étrangères (10,000 dirhams par an).

Les dirigeants de la plateforme ne s’y trompent pas, les « early adopters » seront issus de milieux pluriculturels, seront de gros utilisateurs d’internet et viendront de classes sociales plutôt favorisées. « Mais, au niveau des porteurs de projets nous avons déjà eu quelques belles surprises »  explique le fondateur…(A suivre).

 


[1] Les banques marocaines ont lancé depuis 2013 des cartes destinées aux paiements des achats en ligne tant sur le plan national qu’international.

 

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