Enfin une stratégie pour l’emploi !

Tout au début de cet été que nous venons de quitter, Mr Seddiki, ministre de l’Emploi a évoqué un sujet d’extrême importance, lequel est passé inaperçu ou presque auprès des médias. Il faut dire que l’agenda national a été depuis le mois de mai 2015 quasiment burlesque ; examens, Ramadan, fêtes traditionnelles, vacances annuelles, élections, rentrées de tout ordre ….

M Seddiki avait cependant parlé de la présentation avant la fin 2015 de ce qu’il a appelé « la stratégie nationale de l’emploi » élaborée par le gouvernement ! Un tel sujet aurait pu accueillir un peu plus d’intérêt, au moins de la part des acteurs et partenaires sociaux. On aurait pu crier que ce n’est pas trop tôt de la part de Benkirane et son équipe, puisqu’on attendait une telle annonce depuis 2012 ! Puis, une stratégie déclinée au cours de la dernière année du mandat c'est-à-dire à la porte de nouvelles législatives, et dans le contexte de la panne de dialogue social tant décriée, ne peut manquer de susciter des réticences. Enfin ! Laissons ce débat-là aux politiques et regardons de plus près ce dossier effectivement d’extrême priorité.

On retiendra déjà que ladite nouvelle stratégie prétend être désormais fondée sur une évaluation des programmes en cours ; et il faut en convenir, cela devait être effectivement fait, ne serait-ce que pour mieux réorienter les politiques et dépenses publiques dans ce domaine. A juger aussi du gâchis des ressources et des maigres résultats, ce serait la moindre des choses ! Mais quand souvent les évaluations sont faites chez- nous par les auteurs mêmes des programmes, on est forcé d’être moins enthousiaste ! Juge et partie c’est typiquement marocain aussi !

Bref , si on se base sur les révélations du ministre sur les trois derniers mois , on s’aperçoit que sur le fond , ladite stratégie sera surtout attelée à une logique de continuité , avec l’idée d’améliorer la gouvernance des programmes destinés à l’emploi ; de promouvoir la performance des outils déployés et élargir le champ de leur effet en intégrant les coopératives, les associations et l’auto-entrepreneuriat. Pas de rupture donc en perspective , mais peut-être et pour être optimiste une éventuelle accélération. C’est cela l’armature de la dite nouvelle stratégie qui vient s’incruster sur la nouvelle et potentielle stratégie de croissance économique 2025 pour le Maroc, avec l’ambition d’assurer la création, entre 160 000 et 200 000 emplois par an en termes nets, et se traduirait par un quasi-doublement du revenu par tête sur dix ans.

Concrètement pour aborder les premiers pas de cette stratégie , on devrait assister à la mise en place dès le 1er janvier 2016, semble-t-il , de mesures incitatives au profit des entreprises et des associations, parmi lesquelles la prise en charge par l’Etat des coûts relatifs à la part de l’employeur au titre des contributions dues à la CNSS et ce, pour une durée de 24 mois et dans la limite de 5 salariés.

L'Etat prendrait également en charge, la taxe de formation professionnelle pour les entreprises et les associations créées entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2019, et qui embaucheront les demandeurs d’emploi durant les 24 mois suivant la date de la création de l’entreprise ou de l’association. Parmi les objectifs en cela l’amélioration des contrats de formation-insertion gérés par l’Anapec, l’intégration des coopératives sous ce régime et la fixation d’un taux maximum de stagiaires pouvant être accueillis par une même entreprise et par secteur.On y reviendra pour plus de détails et d’analyse dans la prochaine édition de ce blog.

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