Crowdfunding ou love money ?

Le financement participatif (crowdfunding ou financement par la foule) prend de l’ampleur, les plateformes en ligne se multiplient et les états tentent de réguler ce nouvel acteur de la chaîne du financement. Si l’on écoute Joachim Dupont, le PDG de Anaxago, une plateforme française, le financement participatif en fonds propres se positionne « dans la vallée de la mort du financement ».

Le principe général est simple : le financement d’activités naissantes ou innovantes se fait en sollicitant des investisseurs individuels qui choisissent de participer à un projet. La mise de départ démarre en France à 1000€ pour les financements en fonds propres et est limitée à 250€ par personne pour les prêts rémunérés.

Au Maroc, les entreprises familiales, et plus généralement les petites entreprises sont confrontées à un système bancaire, plutôt conservateur, et peinent, souvent, à trouver les deniers nécessaires au lancement d’une activité ou d’un projet. Elles se tournent donc naturellement vers la famille qui permet de constituer le premier tour de table. C’est ce que l’on appelle le « love money ». Dans cette situation, le financement est octroyé par les membres de la famille au vu des liens familiaux existants, et ce, parfois, indépendamment du projet en lui –même.

Sans nécessairement remplacer ce-dernier, le financement participatif est intéressant car il oblige les porteurs de projet à structurer et à planifier leur feuille de route de manière plus professionnelle afin que des investisseurs individuels soient tout à la fois motivés pour y participer, et rassurés vis à vis de leur prise de risque. La mission du « créateur » est double : garantir la rentabilité du projet d’une part, et d’autre part, rendre le projet attractif pour des investisseurs, puisqu’il se retrouve en concurrence sur les plateformes avec des recherches de financement de même type.

Alors que le financement par la famille, et l’autofinancement des entreprises familiales, sont au Maroc deux piliers du monde du « family business », ce nouveau type de pratiques pourrait être prometteur. Les plateformes de financement participatif sélectionnent les projets et auditent leur business plan avant de les proposer aux investisseurs. Bien sûr ce système suppose une relative maturité des outils en ligne et des systèmes de sécurisation des paiements en ligne. Mais là est peut être la solution qui permettra de pérenniser certaines entreprises familiales souffrant d’un manque de visibilité et donc de financement. La première plateforme de financement participatif n’a semble-t-il pas encore réellement vu le jour au Maroc, mais une forme de solution se cache peut être dans cette voie.

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